Au lendemain de la fusillade survenue mardi soir à Echirolles, près de Grenoble, le procureur de la République Etienne Manteaux a alerté, mercredi, sur une évolution des violences liées au trafic de drogue. Mardi soir, une personne a été tuée et quatre autres blessées lors de cette attaque sur un point de deal, sur fond d’escalade des violences liées au narcotrafic dans l’agglomération grenobloise.
Une pratique inquiétante : se filmer pour impressionner
Lors d’une conférence de presse, le magistrat a dénoncé une pratique qu’il estime de plus en plus fréquente chez les auteurs d’homicides. « La pratique que l’on constate de plus en plus souvent des auteurs […] c’est de se filmer pour impressionner », a-t-il déclaré, évoquant une « habitude dramatique ». Selon lui, les faits de mardi soir ont encore donné lieu à « une forme de revendication » à travers la diffusion de vidéos sur les réseaux sociaux.
Des vidéos particulièrement violentes
L’une de ces séquences montre le passager d’un véhicule tirer par la fenêtre avant, tandis qu’une autre personne filme la scène depuis l’arrière de la voiture. Une seconde vidéo, identifiée par une source policière de l’AFP comme correspondant à la scène de crime d’Echirolles, montre un homme encapuchonné ouvrir le feu en direction d’une voiture à l’arrêt.
Un palier franchi dans les violences
Le procureur a également estimé que les violences liées au narcotrafic avaient franchi « un palier » à Grenoble. « Les individus ne tirent plus aujourd’hui pour impressionner mais tirent pour tuer », a-t-il affirmé, décrivant « des guerres de territoires exacerbées » autour des points de deal dans la région grenobloise. Dix hommes ont été tués par balles sur la voie publique en six mois à Grenoble et dans sa banlieue, s’est alarmé Etienne Manteaux.



