Fusillade à Saint-Denis : le quartier Gabriel-Péri sous le choc
Fusillade à Saint-Denis : Gabriel-Péri sous le choc

Un homme de 30 ans entre la vie et la mort, le tireur présumé lynché… Au lendemain de la fusillade dans le quartier Gabriel-Péri et en plein jour à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), des habitants sont encore sous le choc.

« Mon mari était sur le balcon, témoigne Yasmina (le prénom a été changé), une habitante de la cité. Il a vu des jeunes tirer sur un autre qui était là, sur son téléphone, il était appuyé sur le portail. Mon mari est descendu pour lui porter secours suivi d’une voisine qui est infirmière. »

Ce dimanche vers 15h30, en plein cœur de la cité, un tireur fait feu sur un homme de 30 ans. Atteint à la colonne vertébrale et à une jambe (et non à la tête comme initialement indiqué), le trentenaire s’effondre. Dans la foulée, le tireur est pris à partie par un groupe de jeunes gens et passé à tabac. Blessé, cet homme de 29 ans, qui habite Saint-Denis, est conduit à l’hôpital puis placé en garde à vue. Il devrait être interrogé jusqu’à ce mardi avant son défèrement au parquet de Bobigny.

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« Une guerre de territoire »

La victime est connue des autorités judiciaires pour trafic de stupéfiants. L’auteur présumé des tirs, au calibre 9 mm, l’est aussi, pour stupéfiants et vols. Avant cette fusillade, dans la nuit de vendredi à samedi, un jeune homme de la cité Péri âgé de 20 ans a été grièvement blessé par arme à feu dans le quartier Pierre-Sémard. Et dans la nuit de samedi à dimanche, c’est sur la porte d’un appartement situé boulevard Félix-Faure que des balles ont été tirées.

La piste de conflits et règlements de comptes liés au trafic de stupéfiants est l’une des hypothèses creusées par le service départemental de la police judiciaire, saisi des investigations concernant ces trois affaires, qui pourraient être liées.

Une source proche du dossier en est en tout cas convaincue. « Il s’agit d’une guerre de territoire dans la cité Gabriel-Péri sur fond de trafic de drogue. Le point de deal a été repris par une équipe de jeunes, que les plus anciens voudraient récupérer », assure-t-elle.

L’opposition attaque le maire sur sa doctrine sécuritaire

Le maire (LFI) Bally Bagayoko s’est rendu sur place ce dimanche avec d’autres élus municipaux, la police municipale ainsi que des agents de la jeunesse du quartier afin d’apporter leur soutien aux habitants. Dans un communiqué, la municipalité appelle au « calme » et « à la responsabilité » de chacun.

Elle demande aussi que « tout soit mis en œuvre par les autorités compétentes pour identifier, interpeller et traduire les auteurs de ces faits devant la justice, condition indispensable au retour durable à la sécurité et à la tranquillité pour les habitants ».

L’opposition socialiste a immédiatement remis en cause la nouvelle doctrine du maire concernant la sécurité. « Cette guerre sur Péri est quand même liée au recul de la présence de la police municipale, estime Gwenaëlle Badufle-Douchez, ancienne élue à la sécurité de Saint-Denis, désormais du côté de l’opposition. Évidemment que ce n’est pas l’élément déclencheur mais cela participe à créer un sentiment qu’il y a moins de règles dans l’espace public. »

La conseillère municipale rappelle que sous le mandat de Mathieu Hanotin, ils avaient pris la décision de fermer l’espace jeunesse Gabriel-Péri car ils estimaient que les conditions de sécurité n’étaient pas réunies. « Rouvert en avril 2026 par Bally Bagayoko, nous ne pouvons que nous inquiéter pour la sécurité des jeunes fréquentant cet espace et celle des agents municipaux », insiste l’élue.

Au-delà de cette confrontation politique, les habitants n’aspirent qu’à vivre en paix. « Je souhaite de tout cœur que ça s’arrête parce que les choses comme ça à répétition… soupire Yasmina. Nous ne nous sentons pas en sécurité, nous avons peur pour nos enfants. »

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