Un an après la violente attaque survenue pendant la feria d'Alès (Gard), le Prolé a rouvert sa bodega. Entre émotion, soutien populaire et combat antifasciste, les militants communistes veulent tourner la page sans oublier.
Une réouverture sous le signe de la convivialité
À Alès (Gard), les verres qui s'entrechoquent et la bonne humeur ont repris possession du Prolé. Un an après la violente rixe qui avait marqué la feria de l'Ascension 2025, le bar associatif a rouvert ses portes. Dès mercredi soir, militants, habitués et simples curieux se sont retrouvés autour d'un verre "convivial et fraternel".
"On a toujours du monde ; mais évidemment, après ce qui s'est passé l'année dernière, il fallait rassurer", explique Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section alésienne du PCF. "Ce lieu doit revivre. Nous avons simplement renforcé la surveillance pour éviter qu'il y ait à nouveau ce type d'événement."
Les faits de l'attaque
Dans la nuit du 30 au 31 mai 2025, en pleine feria, une violente bagarre avait éclaté à l'intérieur du Prolé. L'affaire avait provoqué une onde de choc à Alès, avant de prendre une dimension nationale avec la mise en cause présumée de proches du groupuscule identitaire d'ultra-droite "Bloc montpelliérain", dissous début mars. L'enquête judiciaire suit son cours. Trois jeunes originaires du Bassin seront jugés le 6 octobre prochain devant le tribunal judiciaire d'Alès pour violences aggravées en réunion avec arme.
"Depuis près d'un an, on se bat. Il y avait beaucoup d'éléments, des témoignages… On craignait un classement sans suite", souffle le responsable communiste.
"La réponse, c'est la fête"
Au Prolé, les discussions dépassent largement le cadre judiciaire. Dans la bodega bondée, beaucoup voient dans cette réouverture un symbole politique. "La réponse, c'est la fête", insiste Giovanni Di Francesco. "L'ADN de l'extrême droite, c'est le repli, la haine et la division. Ici, c'est la fraternité."
Ce jeudi midi encore, le lieu ne désemplissait pas. Certains étaient venus spécialement pour afficher leur soutien. Le Prolé, en rouvrant ses portes, envoie un message clair : la fête et la fraternité l'emportent sur la haine.



