Failes de sécurité au gala des correspondants de la Maison-Blanche
Failes de sécurité au gala des correspondants

Le président américain Donald Trump, sa femme Melania et son vice-président J.D. Vance étaient présents sur scène lors du gala annuel de l'association des correspondants de la Maison-Blanche. Dans la même salle se trouvaient les plus hauts responsables de l'administration Trump, dont le secrétaire d'État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et même le directeur du FBI Kash Patel. Pourtant, la sécurité n'était pas au niveau nécessaire, selon des responsables de la sécurité interrogés par le Washington Post. L'administration Trump a accordé un niveau de sécurité moins élevé que pour d'autres événements.

Un dispositif de sécurité lacunaire

Alors que le Secret Service, chargé de la sécurité du président, coordonne généralement la sécurité des événements où les plus hauts responsables sont présents, aucun dispositif formel n'a été prévu cette fois-ci. Selon le Washington Post, le Secret Service estimait que son périmètre de responsabilité se limitait à la salle de bal de l'hôtel et ses abords, tandis que la police de Washington devait fermer les routes et réguler la circulation. Entre ces deux zones, personne n'a été clairement désigné pour gérer la sécurité. Steve Thomma, directeur exécutif de la White House Correspondents' Association, a indiqué n'avoir pas connaissance d'une telle procédure officielle lors des précédents galas. Le gouvernement du district de Columbia a également fait part de son étonnement.

Un suspect étonné du manque de sécurité

Lors du gala, les participants pouvaient entrer dans l'hôtel en présentant un simple ticket, et même accéder aux niveaux inférieurs, les portiques de sécurité étant installés plus loin dans le bâtiment. Kari Lake, ancienne candidate républicaine au Sénat en Arizona, a critiqué cette situation auprès du Wall Street Journal : "À l'entrée, personne ne m'a demandé d'inspecter mon billet ni de présenter une pièce d'identité avec photo. Tout ce qu'il y avait à faire était de montrer ce qui ressemblait à un billet, et cela leur suffisait." Le tireur a pu entrer sans difficulté en ayant simplement réservé une chambre la veille. Jason Pack, ancien responsable du FBI, a déclaré : "Il n'a pas déjoué le dispositif de sécurité le soir du dîner. Il l'a déjoué le jour où il a fait la réservation. Ils avaient conçu ce périmètre pour arrêter une armée. En réalité, tout ce dont le suspect avait besoin, c'était d'une clé de chambre."

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Dans un manifeste envoyé à des proches avant la fusillade, le suspect Cole Allen a lui-même exprimé son étonnement face à la faiblesse de la sécurité : "La sécurité à l'événement se concentre entièrement à l'extérieur, sur les manifestants et les personnes qui arrivent sur place, car apparemment personne n'a pensé à ce qui se passerait si quelqu'un s'enregistrait la veille." Il a ensuite tenté de pénétrer dans la salle.

Minimisation de l'incident par l'administration

Malgré ces failles évidentes, le pouvoir en place a tenté d'apaiser les choses et de minimiser l'incident. Le ministre de la Justice par intérim Todd Blanche a estimé que ce n'était pas un échec sécuritaire, le tireur ayant été maîtrisé avant d'entrer dans la salle principale. "Au contraire, c'est une formidable réussite en matière de sécurité", a-t-il même déclaré lors d'une interview sur CNN.

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Un projet de salle de bal à 400 millions de dollars

De son côté, Donald Trump a vu dans cette attaque une opportunité. "Cet événement ne se serait jamais produit avec la salle de bal classée Top Secret actuellement en construction à la Maison-Blanche", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux dimanche. Le président américain a lancé la construction d'une salle de fêtes en détruisant une partie de l'aile Est de la Maison-Blanche, mais le projet est ralenti par plusieurs litiges et recours juridiques. La question sécuritaire était déjà l'argument avancé par les avocats du républicain lorsqu'ils avaient plaidé leur cause devant les tribunaux pour autoriser la reprise des travaux. Le 16 avril dernier, le juge fédéral Richard Leon a émis une ordonnance pour arrêter les travaux à 400 millions de dollars de la salle de bal tant que le Congrès ne les autorisait pas. Cette décision ne concerne toutefois pas le bunker souterrain prévu sous l'infrastructure. Face à cette décision, Donald Trump s'était emporté contre le magistrat.

"La salle de bal est profondément importante pour notre sécurité nationale, et aucun juge ne peut être autorisé à arrêter ce projet historique et militairement impératif", avait-il estimé sur son réseau Truth Social. Ancien promoteur immobilier, Donald Trump a fait de cette salle de bal l'une des priorités de son mandat. Alors qu'elle est financée par des dons privés, le président américain a refusé d'en fournir la liste.