Drones en prison : l'État renforce la lutte avec brouillage et recrutements
Drones en prison : brouillage et recrutements, la riposte

L'administration pénitentiaire intensifie sa lutte contre les livraisons par drone dans les prisons, avec plus de 70 établissements équipés de dispositifs de brouillage et un plan national « étanchéité » lancé fin 2025. Justine Gerbaud, directrice des services pénitentiaires et porte-parole de l'administration pénitentiaire, détaille les mesures techniques et humaines déployées pour contrer ce phénomène qui inquiète.

Un équipement de brouillage étendu sur le territoire

Selon Justine Gerbaud, le ministère de la justice et l'administration pénitentiaire prennent « très au sérieux » la problématique des livraisons par drone, pour des raisons évidentes de sécurité. Un « gros investissement » a été engagé pour l'empêcher. Actuellement, un peu plus de 70 établissements pénitentiaires sont équipés de dispositifs de brouillage de drone.

En Occitanie, quatre dispositifs sont opérationnels à Béziers, Perpignan, Lannemezan et Toulouse-Seysses. Un cinquième, installé à Villeneuve-lès-Maguelone dans l'Hérault, sera mis en fonctionnement prochainement. Pour des raisons de sécurité, la porte-parole ne détaille pas le dispositif technique, mais précise qu'il permet de détecter les drones survolant les établissements et de les neutraliser. Ces outils sont « très aidants » dans la coopération avec les forces de sécurité intérieure pour l'interpellation des télépilotes.

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Une course incessante face aux contournements

Malgré ces dispositifs, les délinquants s'adaptent. Justine Gerbaud reconnaît que des contournements existent : « Les personnes en détention tentent de s'adapter, et la technologie des délinquants évolue plus vite que le dispositif technique qui permet de les contrer, c'est inévitable. » Elle décrit une logique de « course incessante » : « Il y a une faille, on la corrige, ils cherchent une autre faille, ils la trouvent, on corrige à nouveau. »

Au-delà de l'outil technique, la porte-parole insiste sur l'importance du travail des agents au quotidien : fouille, surveillance, contrôle, coopération avec les gendarmes et les policiers. L'objectif est qu'aucun objet interdit n'entre en détention. Les syndicats évoquent toutefois un manque de 500 agents.

Recrutements massifs et plan « étanchéité »

L'administration pénitentiaire mène une politique volontariste de recrutement, notamment de surveillants, avec 2 000 recrutements par an actuellement. La création d'une nouvelle école de l'administration pénitentiaire devrait permettre de former davantage d'agents. Cette année, 1 000 postes supplémentaires ont été consentis par le Garde des Sceaux.

Concernant les drones, les agents plaident pour l'installation de volières aux barreaux des cellules. Fin 2025, un plan national « étanchéité » a été lancé, avec des établissements prioritaires dont celui de Toulouse, avant leur déploiement. Ce plan inclut des mesures comme le brouillage, des couvertures de cour de promenade empêchant l'introduction d'objets, et l'installation d'un portique à onde millimétrique pour des contrôles plus efficients. La protection physique, notamment le renforcement du caillebotis aux fenêtres, est également prise en compte.

Une inquiétude partagée, des moyens inédits

Interrogée sur les risques de voir des armes à feu entrer en détention par drone, Justine Gerbaud répond : « Notre ADN c'est de s'adapter aux risques qui peuvent exister, d'envisager les scénarios qui pourraient déjouer nos dispositifs de sécurité et l'évolution des technologies fait peser un risque supplémentaire. » Elle ajoute : « L'inquiétude, on la partage, mais on prend cette lutte très au sérieux et des moyens importants et inédits sont déployés. »

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