Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a proposé au président de la République la dissolution de deux groupements militants lors du Conseil des ministres de ce mercredi. Il s'agit du Patria Albiges, un groupement identitaire d'ultradroite, et du Front de Rue, un groupement d'ultragauche. Ces deux organisations sont accusées de violences et de troubles à l'ordre public.
Patria Albiges : un mouvement identitaire violent
Patria Albiges se présente comme un mouvement de jeunesse identitaire basé à Albi, dans le Tarn. Il se veut un acteur politique pour alerter sur l'immigration, l'insécurité, le wokisme et l'islamisme. En 2025, onze de ses militants, âgés de 19 à 29 ans, ont été condamnés à des peines de quatre à huit mois de prison, dont dix avec sursis, pour une expédition punitive contre un militant antifasciste. Ils étaient cagoulés, armés de matraques télescopiques et de poings américains. Le porte-parole du groupe avait déjà été condamné en 2023 à huit mois de prison avec sursis pour avoir frappé deux jeunes Tarnais.
Front de Rue : un groupe antifasciste implanté dans le Nord
Front de Rue est un groupe antifasciste actif notamment à Lille. En février, après la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque, le président Macron avait réuni des responsables pour lutter contre les groupes violents. Plusieurs groupes, dont le Bloc montpelliérain et Patria Albiges (ultradroite), ainsi que Front de Rue (ultragauche), avaient alors été ciblés par une procédure de dissolution.
Depuis 2017, une cinquantaine de groupes ont été dissous en Conseil des ministres, comme La Jeune garde et Lyon populaire. Cependant, certains, comme Les Soulèvements de la Terre, ont contesté leur dissolution devant le Conseil d'État et ont obtenu gain de cause.



