Pour la première fois, Éric Ciotti brise le silence sur Aquila popularis, le groupuscule d'ultradroite qui multiplie les démonstrations de force à Nice. Dans les colonnes du magazine Le Point, le maire UDR, allié au Rassemblement national, a tranché : « Je condamne avec la plus grande force toutes les expressions de violence, et je demande d'ailleurs la dissolution du groupe Aquila popularis ».
Une réaction après des semaines de tensions
À la mi-mai, le collectif Viva ! avait frontalement interpellé le maire de Nice sur la passivité des autorités face à ces militants radicaux. « Nous sommes face à un groupe structuré, manifestement dangereux et pouvant passer à l'acte », avaient alerté le comédien Jonathan Gensburger et David Nakache, président de Tous Citoyens ! Pour eux, la prise de position d'Éric Ciotti est une « manœuvre politique ». « Il ne faut pas être dupe de l'opposition factice entre Éric Ciotti et Aquila popularis : plus l'extrême droite institutionnelle dénonce l'extrême droite radicale et plus elle se respectabilise », décrypte aujourd'hui David Nakache.
La dissolution « ne saurait suffire » selon l'opposition
Même scepticisme du côté du Parti communiste. « Mieux vaut tard que jamais », grince Julien Picot, patron du PCF06 et conseiller municipal d'opposition. « Cette décision intervient après des semaines de tensions, d'agressions, d'affichages racistes et de provocations violentes dans notre ville », enchaîne l'élu d'opposition, qui refuse de se satisfaire d'un simple « coup de com ». « La dissolution d'Aquila popularis constituerait une mesure nécessaire. Mais elle ne saurait suffire si elle n'est pas accompagnée d'une lutte résolue contre toutes les idéologies qui nourrissent le repli identitaire, la stigmatisation et les violences d'extrême droite », prévient Picot.
Olivier Salerno, leader de LFI à Nice, ironise : « En semaine A, Éric Ciotti nomme [Dénis Cieslik] comme directeur de cabinet l'ancien porte-parole d'Éric Zemmour, multicondamné pour incitation à la haine raciale. En semaine B, il demande la dissolution des copains pour se faire bien voir. C'est le ''en même temps'' d'extrême droite ».
Aquila popularis, un groupe actif depuis 2022
Actif depuis la fin 2022, Aquila popularis est l'héritier du nationalisme révolutionnaire niçois, né des cendres des Zoulous Nice. Leur militantisme repose sur la saturation de l'espace public, les démonstrations de force, les collages massifs et l'agit-prop. Le 23 mars, des militants de gauche ont été violemment agressés en pleine rue. Deux individus doivent comparaître devant le tribunal correctionnel. Lors des perquisitions menées à leurs domiciles, les enquêteurs ont trouvé des poings américains, des équipements de combat, des objets et insignes nazis, et des cagoules floquées Aquila popularis.



