Cagnes-sur-Mer : le nouveau maire RN refond la police municipale
Cagnes-sur-Mer : refonte de la police municipale par le maire RN

Le nouveau maire de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson (Rassemblement national), a annoncé une refonte complète de la police municipale, dénonçant un déficit structurel d'effectifs hérité de l'ancienne mandature. « La Ville souffre d'un déficit structurel d'effectifs policiers face à une délinquance et des incivilités bien réelles », a-t-il déclaré, critiquant l'ancien édile Louis Nègre (LR) pour qui « tout allait bien dans le meilleur des mondes ».

Des moyens renforcés pour la sécurité

La nouvelle équipe municipale a débloqué une enveloppe de « minimum 1,5 million d'euros investis en plus pour la sécurité ». Depuis moins de deux mois, cinq recrues ont rejoint les rangs, portant l'effectif à 40 policiers pour 52 000 habitants, un ratio jugé insuffisant par rapport à Saint-Laurent-du-Var (40 agents pour 33 000 habitants). L'objectif est de déployer, d'ici la fin de l'été 2026, deux brigades de nuit composées de dix agents, portant l'effectif total à 50 policiers.

Dès cet été, une brigade VTT et un poste mobile seront mis en place pour « aller au contact dans les quartiers ». Quatre agents de surveillance de la voie publique seront affectés au centre de supervision urbain afin de libérer des policiers pour le terrain.

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Critique de l'ancienne brigade de nuit

Bryan Masson a vivement critiqué la précédente brigade de nuit, créée « dans l'urgence en décembre 2025 », qu'il qualifie de « brigade électorale faite de briques et de broc, dotée d'un cadre administratif bancal ». Les agents y étaient rémunérés en heures supplémentaires et non en heures majorées, exposant la Ville à un rappel à l’ordre de la chambre régionale des comptes. « Limités à quatre agents au total sans roulement, les policiers intervenaient en sous-effectif », a-t-il ajouté.

Il a illustré son propos par un refus d'obtempérer survenu fin avril : « Un équipage composé de deux policiers municipaux est intervenu. Un seul agent était armé, un agent a été blessé et un autre a failli être volontairement et violemment percuté. »

Nouveau directeur et recrutements

Frédéric Berthoin, nouveau directeur de la police municipale depuis le 4 mai, affiche l'ambition de « renouer avec la proximité et l'efficacité de 2001, époque où la ville comptait 60 policiers ». Il se dit confiant pour les recrutements, avec « une cinquantaine de CV » sur son bureau, et annonce l'intégration prochaine d'un maître-chien pour appuyer les patrouilles nocturnes. Il insiste sur l'importance du flagrant délit, citant l'interpellation récente de deux individus tentant de braquer la bijouterie Courtois.

Réactions de l'opposition

L'annonce suscite des critiques. Lionel Dolciani (Nouvelle Énergie) dénonce « l'opacité » de l'investissement et interroge : « Comment justifier cette dépense sans aucun indicateur de résultat, alors que la ville figure déjà parmi les communes les plus sûres de France ? » Il questionne également le gel d'un projet de brigade de gendarmes.

Cédric Garoyan (PCF) fustige une « mise en scène permanente de l’insécurité » et alerte sur le coût financier, appelant à investir dans « l'entretien des écoles, les transports, la transition écologique ou encore le pouvoir d'achat ». Philippe Touzeau-Menoni (divers) déplore l'absence de mesures pour la brigade nautique et la brigade de bord de mer, et espère que la brigade de nuit « permettra que la peur change de camp ».

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