La fusillade du 11 mai 2026 s'inscrit dans une escalade de violences liées au narcotrafic dans le quartier des Moulins à Nice. En deux ans, onze personnes ont perdu la vie, victimes de tirs à l'aveugle ou d'incendies criminels.
Une fusillade meurtrière le 3 octobre 2025
Le 3 octobre 2025, la place des Amaryllis avait déjà été le théâtre d'une fusillade au bilan lourd : deux morts et cinq blessés. Les victimes, Oyskhur (58 ans) et Rayan (20 ans), étaient en majorité extérieures au narcotrafic. Les habitants avaient décrit une fusillade « à l'aveugle », vécue comme un attentat. Moins de trois semaines plus tard, cinq suspects avaient été interpellés entre le Vaucluse, le Gard et Nice. Quatre hommes et une femme, suspectés d'appartenir au commando arrivé à bord d'une Peugeot 3008, avaient tiré avec kalachnikov et arme de poing de calibre 9 mm.
Un incendie criminel en juillet 2024
Dans la nuit du 17 au 18 juillet 2024, un incendie criminel a bouleversé le quartier et la France entière. Trois jeunes Franciliens âgés de 17, 18 et 21 ans ont mis le feu aux trois premiers niveaux d'une barre HLM au 38 rue de la Santoline. Les flammes et les fumées se sont engouffrées au neuvième et dernier étage, tuant trois adultes et quatre enfants ou adolescents. La plupart des membres présumés de cette équipée funeste sont incarcérés, dans l'attente de la fin de l'instruction.
Une escalade depuis 2020
Les violences ont commencé bien avant. Le 20 juillet 2020, des tirs en rafale aux portes d'un supermarché voisin n'avaient pas fait de victime. Mais depuis, la situation n'a cessé de se dégrader. Le 11 mai 2026, une nouvelle fusillade en plein jour a fait deux morts et six blessés, avec un tueur en trottinette en fuite. Les autorités peinent à endiguer la violence, malgré l'arrestation de nombreux suspects.
Des habitants sous le choc
Les habitants des Moulins vivent dans la peur. Des mères de famille tirent la sonnette d'alarme, craignant pour leurs enfants. « S'ils tuent un de mes enfants, je vais acheter des armes », confie l'une d'elles. Le maire Éric Ciotti a annoncé l'installation d'un poste de police sur la place des Amaryllis et appelle à une réaction puissante de l'État.



