Ce jeudi 20 août 2026, les six caravanes et huit véhicules de la communauté des gens du voyage, installés illégalement depuis le dimanche 16 août sur le pré de la Fontanette à Biot, ont quitté les lieux. L'épilogue, annoncé par le maire Jean-Pierre Dermit sur ses réseaux sociaux et via un communiqué, a été accéléré par une vigilance orange aux orages émise par Météo France, qui rendait le terrain, classé en zone rouge inondable, dangereux pour les occupants.
Un départ négocié sous la menace des orages
La municipalité a négocié ce départ apaisé en échange de l'abandon des poursuites judiciaires engagées, notamment la plainte pour effraction et la requête en référé d'expulsion déposée devant le tribunal administratif. Le maire Jean-Pierre Dermit a expliqué que, face à l'alerte orange, il ne pouvait pas accepter de laisser ces familles stationner sur un terrain en zone rouge au risque inondation. Cette décision a permis d'éviter une évacuation forcée sous tension.
Pour rappel, le conflit avait éclaté dans la soirée du dimanche 16 août. La communauté, venue a priori de Saint-Paul-de-Vence et tout juste délogée du site de Shopping Promenade (ex-Polygone Riviera), s'était introduite sur le terrain communal en sciant à la disqueuse le système de verrouillage des portiques de sécurité. Les caravanes s'étaient installées sans accès à l'eau, à l'électricité ni à des équipements sanitaires réglementaires, se raccordant de manière sauvage aux réseaux publics.
La colère du maire et des élus locaux
Cette occupation illégale a provoqué la colère du premier édile, mais aussi d'autres élus, dont le député d'Antibes Éric Pauget, qui exigeait sur ses réseaux sociaux « la suspension des financements au profit des associations des gens du voyage ». Cette levée de boucliers a été reprochée par Denis La Spesa, conseiller municipal du groupe « Biot à gauche et écologique », qui déplorait « ce déferlement de colère, d'indignation et même de haine » suscité par l'arrivée des caravanes.
Le maire Jean-Pierre Dermit a exprimé son regret : « Je regrette que les maires soient toujours bien seuls dans ces combats pour faire respecter nos lois et que les méandres du droit français l'emportent sur la justice ». Dénonçant un « déclin de l'autorité républicaine » alimenté par une incapacité de l'État à faire respecter l'ordre, il appelle désormais à engager d'urgence des réformes législatives « courageuses ».
Un appel au renforcement des pouvoirs de police
Jean-Pierre Dermit demande « un renforcement des pouvoirs de police du maire » pour « agir rapidement et efficacement face aux occupations illégales ». Il souligne que les maires sont « toujours bien seuls » dans ces combats pour faire respecter les lois, et que les procédures judiciaires, comme la plainte pour effraction et la requête en référé d'expulsion, n'ont pas suffi à empêcher l'occupation. La commune s'est engagée à clore ces procédures en contrepartie du départ immédiat, mais le maire insiste sur la nécessité de réformes pour permettre aux élus locaux de réagir plus rapidement face à ce type de situation.



