La commune béarnaise de Billère a signé une convention avec le 132e Régiment d'infanterie cynotechnique (RIC) de Suippes, dont une unité est basée à Sedzère, pour offrir aux commandos canins des terrains d'exercice en milieu urbain. Alors que de nombreuses collectivités ont décliné l'appel lancé en 2025 par l'armée, la municipalité, fidèle à son goût pour les initiatives atypiques, a saisi l'opportunité.
Un terrain de jeu idéal pour les chiens d'élite
Jusqu'à présent, l'équipe militaire implantée en Béarn tournait un peu en rond. « Le camp de Sedzère étant petit, nous étions limités pour les entraînements », confie l'adjudant Brice, chef de la section. Le passage à la zone urbaine change la donne. Dans les sous-sols de la Cité municipale où se trouvent les ateliers, les tribunes du stade Hugot ou les couloirs de l'école Lalanne, les chiens découvrent des configurations inédites : escaliers métalliques, sols glissants, recoins obscurs et échos sonores perturbants.
Des missions variées et exigeantes
Ces chiens, véritables athlètes de haut niveau, ne sont pas là pour la figuration. Protection de sites sensibles, recherche d'otages, traque de forcenés, débusquage d'explosifs, de stupéfiants ou de billets de banque… Leur spectre de mission est immense, tant sur le territoire national qu'en opérations extérieures.
Lors d'une démonstration, Ténor, un Berger malinois de 4 ans, équipé de protections aux pattes et d'un casque de combat, a reçu l'ordre de sa maîtresse, le caporal Romane. En quelques secondes, les 30 kilos de muscles se sont élancés dans un sous-sol sombre à la recherche d'un individu retranché. Le silence a été rompu par l'impact et les cris. Ténor a débusqué sa proie et n'a lâché prise qu'après l'ordre de sa maîtresse. « C'est bien mon chien, c'est du beau travail », a-t-elle murmuré.
Un second exercice, réalisé sans casque, a montré une technique plus complexe : pour atteindre une mezzanine via une échelle de meunier, la maîtresse a dû porter son compagnon sur les épaules, démontrant une confiance absolue entre l'humain et l'animal.
Un partenariat gagnant-gagnant
Pour Arnaud Jacottin, maire de Billère, l'adhésion au projet était une évidence : « L'entraînement auquel nous venons d'assister est impressionnant. Nous sommes fiers de contribuer concrètement à ces missions sécuritaires. » La convention, valable un an et renouvelable, permet à l'armée d'utiliser les infrastructures en fonction de leur occupation habituelle, garantissant une cohabitation fluide.
Au-delà de la force brute, c'est aussi une histoire de cœur qui se joue. Une fois leur carrière sous les drapeaux achevée, ces héros à quatre pattes ne sont pas oubliés : ils sont proposés à l'adoption dans le civil. Une évaluation rigoureuse est alors menée avec les familles pour leur offrir une retraite bien méritée, loin des explosifs et des forcenés, dans la chaleur d'un foyer.



