4 300 bénévoles des CCFF du Var prêts pour la saison des feux de forêt
4 300 bénévoles des CCFF du Var prêts pour l'été

Le « peuple orange » est fin prêt pour un nouvel été à veiller sur la forêt varoise. Ce samedi, à Roquebrune-sur-Argens, l’heure est à la démonstration annuelle de force, à l’occasion de l’assemblée générale de l’association départementale RCSC-CCFF (Réserves communales de sécurité civile et Comités communaux feux de forêt), présidée par Philippe Laureri.

Un maillon indispensable de la chaîne de secours

Riches de 4 300 membres, les CCFF varois constituent un « maillon indispensable de la chaîne de secours » face notamment aux risques naturels. L’ensemble des institutions du Var salue cet engagement bénévole. Complémentaire de tous les moyens de sécurité civile engagés en cas d’incendies de forêt – ou d’autres besoins, inondations, recherches de personne, etc. – les CCFF du Var regroupent 4 300 bénévoles, dans 142 communes, 206 véhicules de première intervention, deux véhicules de liaison, un de coordination et de logistique Harpon 83, et 9 relais radio.

« En 2025, vous avez fait 7 000 patrouilles, réalisé 764 vigies, 15 500 journées bénévoles, ce qui représente 1,6 million d’euros en valorisation monétaire », énumère le préfet, Simon Babre, après avoir passé en revue les troupes venues de tout le département. « Cela signifie que s’il fallait vous payer, il faudrait débourser 1,6 million d’euros. Et ceci sans compter ce qu’on appelle ‘la valeur du sauvé’, c’est-à-dire tout ce qui n’a pas brûlé, tout ce qui n’a pas été détruit grâce à votre action. Vraiment : au nom de tous nos concitoyens, bravo ! »

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Un soutien unanime des partenaires

Partageant la « riche tribune, avec un bel aréopage que peu d’associations dans le Var peut rassembler », selon le maire de Figanières Bernard Chilini, Philippe Laureri prend plaisir à mesurer une fois encore le fort soutien, unanime, de tous les partenaires. Soutien moral, évidemment, mais surtout financier, puisqu’il s’agit bien du nerf de la guerre, par exemple du conseil régional, du conseil départemental, de l’État, ou encore d’Enedis qui profitait de l’occasion pour renouveler une convention avec l’association. « Vous êtes les yeux du distributeur d’électricité » résumait Nathalie Alexandre, directrice varoise de l’entreprise.

« C’est beau une salle pleine de bénévoles, qui donnent de leur temps pour les autres, et pour le patrimoine forestier », estimait Bernard Chilini. L’ensemble des interlocuteurs institutionnels présents tient à exprimer des compliments – bien légitimes – à l’endroit de l’auditoire composé de centaines de femmes et d’hommes en orange. « Votre engagement bénévole sauve des hectares, des biens, et parfois aussi des vies », résume par exemple Guillaume Anton, directeur de la Cofor-Alec 83.

Le colonel Philippe Raison, directeur adjoint du service d’incendie et de secours du Var, loue la « complémentarité essentielle » entre les sapeurs-pompiers et les CCFF. Notamment « l’importance fondamentale de leurs compétences en matière de guidage et de logistique, en cas de sinistre. » Plus largement, l’officier vante le rôle d’ambassadeur de la culture du risque des CCFF au plus près de la population. « Nous savons que nous aurons un jour ou l’autre des feux hors normes. Et face à cela, il n’y a qu’un seul élément efficace, c’est la résilience des territoires, notamment pour le respect des obligations légales de débroussaillement. Chacun doit se poser cette question : ‘Mon habitation est-elle défendable ?’ »

Dominique Lain, président du Sdis et maire du Luc, pointe comme tant d’autres le caractère bénévole de cette armée orange : « Il s’agit d’une vraie richesse, qui se raréfie, celle de ces hommes et femmes, qui ont des valeurs, et qui donnent ce qu’ils ont de plus précieux : de leurs temps. » Les deux parlementaires présentes, Françoise Dumont et Julie Lechanteux, ne dénotent pas et entendent bien porter jusqu’à Paris « la cause » des CCFF.

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Un appel à de nouveaux bénévoles

Au final, tous les feux sont donc au vert, pour la force orange, alors que la saison des incendies est en vue. Le président Philippe Laureri et les 4 300 agents peuvent ressortir ragaillardis de cette journée roquebrunoise. Avec un ultime message tout de même : « Nous restons encore et toujours en demande de nouveaux bénévoles, aucun n’est de trop, pointe Philippe Laureri. Dans tous les territoires, et de toutes les générations, puisque même les mineurs peuvent nous rejoindre, sur autorisation parentale. »

Un modèle de sécurité civile à bout de souffle ?

Au-delà des compliments, des soutiens et du satisfecit, le rassemblement de ce samedi offrait aussi une belle tribune pour un coup de gueule, porté par la sénatrice Françoise Dumont. « Je vais dénoter aujourd’hui, mais c’est mon rôle de dire les choses : notre modèle de sécurité civile, dans son financement, arrive à bout de souffle. » Ce financement est porté par l’État, en partie, par les départements, « mais aussi et surtout par les communes. » Or, ce qui n’est pas sans poser aux municipalités d’importantes difficultés budgétaires.

En 2024 avait été menée une grande consultation nationale appelée « Beauvau de la sécurité civile ». Ses conclusions, présentées en septembre 2025, donnent notamment « une série de mesures urgentes, pertinentes, utiles, pour donner du souffle et de l’agilité au financement de notre sécurité civile. » Une grande loi de modernisation qui n’a pas été inscrite au programme d’étude du parlement. « C’est ce que je dénoncerai à Paris mardi soir devant le ministre de l’Intérieur, puisqu’un grand débat sur l’avenir de la sécurité civile est inscrit au programme du Sénat. En rappelant que sans mesures fortes, sans adaptation, sans nouveau mode de financement, nous allons avoir du mal à pouvoir continuer à assurer le financement de nos Sdis, et du matériel de nos associations comme le vôtre. Votre engagement force le respect. Il est de notre responsabilité de faire en sorte que vous puissiez continuer à assurer vos missions en sécurité, avec le matériel qui convient. »