Monteton : Timothy Derrien lance sa production de pivoines
Monteton : un jeune producteur de pivoines se lance

Une nouvelle production florale à Monteton

Trois femmes s’avancent dans les allées d’une exploitation et entreprennent un selfie devant une kyrielle de fleurs roses et blanches. Nous ne sommes pas en Provence où les touristes inondent les champs de lavandes pour se faire photographier mais à Monteton. On connaît son château, ses pruniers. Deviendra-t-elle bientôt la capitale lot-et-garonnaise des pivoines ? La commune aux 320 habitants compte en tout cas désormais deux familles de producteurs de cette fleur originaire de Chine, considérée comme un symbole de pouvoir rassemblant la beauté féminine, la générosité et le succès.

Dix ans après ses voisins, les Néerlandais Marco et Ingeborg Rijstenbil, Timothy Derrien, 25 printemps, vient de récolter ses premières fleurs, trois ans après avoir planté la variété Flame, qu’il commercialise via sa société les Flamboyants.

Une valeur ajoutée pour l'exploitation familiale

Et elle porte bien son nom, en cette fin avril, avec des pivoines roses à perte de vue dans le champ familial, à un kilomètre de l’exploitation de 40 hectares de Marco et Ingeborg Rijstenbil. C’est chez eux que le jeune homme a fait ses armes depuis 2019. « Je cherchais du travail : j’ai traversé la rue comme dirait l’autre ! Il leur fallait beaucoup de bras en peu de temps donc je me suis retrouvé à ramasser les vivaces des 20 hectares. J’ai constaté que c’était un produit qui plaisait partout, contrairement aux pruneaux et c’était une valeur ajoutée à exploiter », sourit le Montetonnais qui est parti aux Pays-Bas chercher les plants.

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Et c’est aussi là-bas qu’il exporte 40 000 des 50 000 fleurs qu’il produit ici. Deux camions sont partis la semaine dernière car la pivoine est particulièrement populaire au pays des tulipes. Les siennes finissent en bouquets et sont plébiscitées pour la Fête des mères, célébrées le 10 mai chez eux. La fleur était précoce cette année en raison des fortes chaleurs.

« Si je n’avais pas ramassé par le passé, je n’aurais pas eu l’œil pour savoir couper au bon endroit au bon moment », confie Timothy. Le reste est vendu dans la région et sur les marchés notamment, et stocké dans des chambres froides qu’ils partagent avec ses voisins néerlandais. Lui a choisi pour l’instant la Flame, car c’est une variété rustique, non sujette aux maladies et adaptée aux sols du pays de Duras, qui sont calcaires et non homogènes. « Mais c’est une culture exigeante », certifie-t-il.

Une aventure familiale et collective

Ce dernier, qui a utilisé la bouillie bordelaise en fongicide, n’est pas seul dans cette nouvelle aventure. Un peu à l’inverse de ce qui se fait en termes de transmission dans l’agriculture. Eric et Patricia, ses parents, ainsi que sa sœur, ont vu la vie en rose cette année, en ajoutant cette culture à leur exploitation, acquise en 1931. « On l’aide à se lancer et nous apprenons avec lui. Nous, on a cultivé pendant des années la prune et les céréales, et maintenant, nous lui transmettons les terres. C’est important que notre fils choisisse ce qu’il veut faire et nous y avons vu l’opportunité de nous diversifier », complètent Patricia et Éric Derrien.

L’exploitation Les Flamboyants fait partie du collectif de la Fleur française qui vise à soutenir une agriculture plus responsable. « Ce n’est pas évident de se faire connaître car nous n’avons pas de plateforme commune comme c’est le cas aux Pays-Bas, donc le collectif devrait nous soutenir dans cette voie », assure le producteur.

Outre les fleurs, Timothy a bien d’autres cordes à son arc. À commencer par la cuisine, qu’il pratique en saison à Propriano, en Corse depuis 2021. « C’est un hyperactif », confirme sa mère. Cela tombe plutôt bien car d’ici son départ pour l’île de Beauté, fin mai, il faudra écouler pas mal de fleurs. Et en octobre, ces belles printanières seront rasées pour repartir l’année prochaine. « Si ça fonctionne bien, on agrandira éventuellement la surface de cette variété-là et on proposera une autre rustique : la coral sunset, qui passe de rose à blanche. »

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Les ventes ont lieu pendant encore deux bonnes semaines tous les après-midi sauf le dimanche au Fregefond, 1 705 route Terme Gros à Monteton, et les Flamboyants seront présents à la Fête du printemps de Monflanquin dimanche 3 mai. Renseignements : 06 23 96 27 41. Les époux néerlandais seront eux à la Foire à la fraise le 10 mai à Sainte-Bazeille.