Le ministre de l’Économie, Sébastien Lecornu, a qualifié de « préoccupant » le niveau de la dette publique française lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 22 juillet 2026. Il a réaffirmé que la réduction du déficit public demeure la priorité absolue du gouvernement pour l’élaboration du budget 2027.
Un endettement record sous surveillance
Selon les dernières données de l’Insee, la dette publique a atteint 112,3 % du PIB au premier trimestre 2026, soit une hausse de 2,1 points par rapport à fin 2025. Lecornu a souligné que ce ratio est « l’un des plus élevés de la zone euro » et que « chaque point de PIB de dette supplémentaire coûte près de 3 milliards d’euros d’intérêts par an ».
Le ministre a précisé que le gouvernement vise un déficit public de 4,5 % du PIB en 2027, contre 5,6 % attendu en 2026. Cet objectif nécessitera des économies structurelles de 20 milliards d’euros, principalement dans les dépenses de fonctionnement et les subventions aux entreprises.
Des mesures d’économies déjà enclenchées
Parmi les pistes évoquées, Lecornu a cité la réforme des retraites, qui doit permettre une économie de 4 milliards d’euros par an à partir de 2028, ainsi que la suppression progressive de certaines niches fiscales. Il a également annoncé un gel des dépenses de l’État en valeur pour 2027, hors charges de la dette et pensions.
« Nous devons réduire notre endettement pour préserver notre souveraineté et notre capacité à investir dans les transitions écologique et numérique », a déclaré le ministre. Il a ajouté que la France bénéficie encore de taux d’intérêt historiquement bas, mais que « la moindre inflexion de la confiance des marchés pourrait alourdir considérablement la charge de la dette ».
Des critiques de l’opposition
Plusieurs députés d’opposition ont dénoncé un « manque d’ambition » dans la réduction du déficit. Le socialiste Jérôme Guedj a estimé que « le gouvernement fait porter l’effort sur les ménages et les collectivités locales plutôt que sur les grandes entreprises et les plus hauts revenus ». De son côté, l’écologiste Sandrine Rousseau a réclamé un « audit de la dette publique » pour distinguer la dette « saine » liée aux investissements d’avenir.
Lecornu a répondu que la priorité est de « ne pas augmenter les impôts des classes moyennes et des entreprises qui créent de l’emploi ». Il a également renvoyé à la future loi de programmation des finances publiques, présentée à l’automne, qui fixera une trajectoire de retour sous les 3 % de déficit d’ici 2029.



