Le Premier ministre Sébastien Lecornu « tient beaucoup » au projet de loi sur l'allocation de solidarité unifiée (ASU), mais le gouvernement va le « retravailler » à la suite d'observations du Conseil d'État, a affirmé dimanche son entourage, réagissant à une information de « La Tribune Dimanche ».
Un texte en pleine concertation
Le Premier ministre « tient beaucoup à ce texte et souhaite vraiment qu'on y arrive », a indiqué cette source à propos du projet de loi, qui « fait l'objet d'un énorme travail de concertation avec l'ensemble des parties prenantes (associations, partenaires sociaux, groupes politiques…) depuis plus de six mois, et avec le Conseil d'État depuis quatre mois ». Cependant, « à ce stade de la concertation, il apparaît que des éléments doivent être encore travaillés ».
« Fort des retours du Conseil d'État, le gouvernement a décidé de retirer le texte de l'ordre du jour (de cette instance) afin de le retravailler en concertation avec les parties prenantes », a expliqué l'entourage de Sébastien Lecornu.
Un calendrier parlementaire révisé
Interrogée sur France 3 dimanche, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a contesté tout enterrement du texte. « Le Premier ministre y tient particulièrement. Il y a besoin de consulter encore et d'avoir des échanges, notamment avec les forces politiques », a-t-elle confirmé, évoquant un « engagement important du gouvernement ».
Promise par le président de la République Emmanuel Macron en 2018, une fusion des prestations sociales (aussi appelée un temps allocation sociale unique) a été relancée par les prédécesseurs de Sébastien Lecornu à Matignon, Michel Barnier puis François Bayrou.
Dans un courrier adressé en février à la présidente de l'Assemblée nationale, le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, avait annoncé l'arrivée du projet de loi sur l'ASU en mai à la Chambre basse. Mais le texte n'y sera finalement pas inscrit avant la pause estivale, selon les derniers éléments d'agenda communiqués par le ministre.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s'était inquiété mi-mai du devenir du texte, soulignant les réserves du Conseil d'État, notamment au regard de la « libre administration des collectivités ». Les associations de lutte contre la pauvreté ont de leur côté exprimé leur inquiétude, redoutant que ce texte n'entraîne une perte d'aides pour les plus pauvres.



