Le vivre ensemble, ce rêve nourri aux sources de 1789, peut-il survivre aux tentatives de dislocation ? C'est la question posée par Mémona Hintermann, chroniqueuse invitée à l'Élysée pour les 25 ans de la loi Taubira. Cette loi, promulguée en 2001, fait de la traite négrière un crime contre l'humanité, une première mondiale.
Une cérémonie sous le signe de l'espoir
Dans la salle des fêtes de l'Élysée, où plane encore l'ombre de De Gaulle, c'est une France surgie de son ancien empire qui s'est rassemblée. Christiane Taubira, ancienne ministre au tempérament révolutionnaire, a choisi des mots d'espoir plutôt que de colère. Aux descendants d'esclaves, elle a rappelé que la réparation du crime d'esclavage viendra un jour.
Emmanuel Macron et la question des réparations
Emmanuel Macron s'est positionné sur ce point, prenant rendez-vous avec l'Histoire. Il a évoqué la nécessité de réparer, mais sans tomber dans de fausses promesses, en préservant l'unité de la nation. La question des réparations reste brûlante : symboles, compensations pécuniaires, places à attribuer ? Le débat est ouvert.
Vivre ensemble : un enjeu crucial pour 2027
La commémoration a résonné comme un rappel vibrant : la France doit apprendre à vivre avec son passé, l'esclavage et la colonisation, mais aussi avec son présent, marqué par les vagues d'immigration. Lors de la présidentielle de 2027, le destin de la France se jouera sur cet enjeu crucial : vivre ensemble.
Les défis politiques
Face aux revendications de Jean-Luc Mélenchon, qui inscrit sa nouvelle France dans de nouveaux équilibres, et au duo Le Pen/Bardella, Emmanuel Macron n'a pas éludé la question de l'identité. Il a déclaré : Il n'y a pas d'identité dans le déni, ajoutant que cette histoire n'est pas finie. Ce qui fait notre identité, c'est cette intranquillité.
L'abrogation du Code noir
La semaine prochaine, l'Assemblée nationale abrogera le Code noir, ce tristement célèbre ensemble de 60 articles signé en 1685 par Louis XIV, régissant la vie des esclaves. Plus qu'un symbole, c'est la manifestation d'une volonté de respect envers une mémoire vive.
Après les discours, Emmanuel Macron et Christiane Taubira sont restés plus d'une heure à discuter avec des invités, espérant que la République joindra les faits aux gestes. Au-dessus d'eux, les lustres semblaient souligner le mystère sur celui ou celle qui aura la charge de répondre aux exigences dans moins d'un an.



