Salvador : réforme express pour renforcer le pouvoir de Bukele
Salvador : réforme express pour renforcer Bukele

Le parlement salvadorien adopte une réforme contestée

Dans la nuit du jeudi 31 juillet au vendredi 1er août, le parlement salvadorien a adopté une réforme constitutionnelle controversée. Portée par les députés pro-Bukele, elle permet la réélection présidentielle sans limite et allonge le mandat de cinq à six ans. Le texte supprime également le second tour électoral et écourte le mandat actuel du président Nayib Bukele à 2027, lui permettant de se représenter dès cette date.

Une procédure accélérée et des critiques

Examinée selon une procédure accélérée, la réforme a été adoptée par les 57 députés pro-Bukele, tandis que les trois élus de l'opposition ont voté contre. Les parlementaires ont ratifié le texte lors d'une session de nuit, alors que des feux d'artifice étaient tirés depuis le centre de San Salvador. La députée pro-Bukele Ana Figueroa a qualifié le projet d'"historique", affirmant que le peuple salvadorien pourra décider seul du maintien de son président. En revanche, la députée d'opposition Marcela Villatoro a dénoncé la mort de la démocratie, déplorant le dépôt soudain du texte alors que le pays entrait en vacances d'été.

Un président populaire mais contesté

Nayib Bukele, 44 ans, doit son immense popularité à sa lutte impitoyable contre les gangs, qui a réduit la violence à un niveau historiquement bas. Cependant, ses méthodes sont critiquées par les organisations de défense des droits humains. L'état d'exception en vigueur depuis trois ans a permis l'arrestation d'environ 87 000 personnes accusées d'appartenir à des gangs, dont des milliers d'innocents selon des ONG comme Cristosal et Socorro Jurídico. Environ 430 personnes sont mortes en prison.

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Une dérive autoritaire ?

La réforme intervient après une vague de répression contre les défenseurs des droits humains et les détracteurs de M. Bukele, poussant des dizaines de journalistes et d'activistes à l'exil. Juanita Goebertus, directrice de Human Rights Watch, a comparé la situation au Venezuela, évoquant une concentration du pouvoir menant à une dictature. La députée du parti au pouvoir Suecy Callejas a rejeté ces accusations, tandis que Bukele lui-même a déclaré : "Je préfère être traité de dictateur que de voir des Salvadoriens se faire tuer dans les rues."

Un partenaire clé de Trump

Le président salvadorien est devenu un allié important de Donald Trump dans sa politique de lutte contre l'immigration illégale. Il a accueilli dans sa méga-prison pour gangs, le Centre de confinement du terrorisme (Cecot), 252 Vénézuéliens expulsés par l'administration américaine, qui ont ensuite pu retourner dans leur pays.

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