En 1962, le général de Gaulle avait eu ce pressentiment évoquant l'élection présidentielle et la perspective de sa mort : « ce qui est à redouter, ce n'est pas le vide politique, c'est plutôt le trop-plein ». Il semble qu'on y soit de plain-pied. En ce printemps, les candidatures bourgeonnent à une telle cadence qu'on peine à les recenser. À un an de l'échéance, au moins trente, peut-être quarante, prétendants se verraient bien prendre leurs quartiers à l'Élysée l'an prochain.
Une avalanche de candidats
Le dernier en date est un candidat à la candidature : le député (Générations) Benjamin Lucas-Lundy, qui veut s'aligner dans une primaire de la gauche hors LFI pourtant très hypothétique. La prochaine pourrait être Ségolène Royal, qui vient de mettre en ligne sa plate-forme L'Ordre juste, et attend 5 000 inscrits pour organiser une première réunion publique. Selon nos informations, le parti animaliste aura aussi son champion. « On n'a pas encore de nom mais le processus de désignation commencera en juin », annonce sa porte-parole.
Cette profusion de candidatures s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, l'effet Macron : en 2017, un candidat venu de nulle part a réussi à conquérir l'Élysée, suscitant des vocations chez de nombreux politiques. Ensuite, l'affaiblissement des partis traditionnels, qui peinent à imposer une discipline et laissent place à des candidatures multiples. Enfin, la sélection sondagière assumée : les médias et les instituts de sondage jouent un rôle clé dans la crédibilisation ou l'élimination des candidats, ce qui encourage les prétendants à se déclarer tôt pour exister dans les enquêtes d'opinion.
Une situation inédite
Jamais, à un an du scrutin, on n'avait compté autant de candidats déclarés ou officieux. Cette situation pose la question de la lisibilité de l'offre politique pour les électeurs. D'aucuns redoutent une dispersion des voix, notamment à gauche, qui pourrait profiter au candidat sortant ou à l'extrême droite. D'autres y voient au contraire un signe de vitalité démocratique. Quoi qu'il en soit, les prochains mois seront décisifs pour opérer une sélection naturelle parmi cette multitude de prétendants.



