Le 10 juillet 1940, 80 parlementaires ont courageusement refusé de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. À Castelnau-le-Lez, la ministre déléguée Patricia Miralles a rendu hommage à ces figures de la résistance républicaine, dont trois députés héraultais. Une cérémonie forte en symboles pour rappeler l’importance de la démocratie à défendre.
Une cérémonie dans l’allée de l’Honneur
Rien ne signale la date dans le calendrier. Et pourtant. « Le 10 juillet n’est pas assez commémoré », lance Patricia Miralles, ce jeudi à Castelnau-le-Lez, dans la bien nommée allée de l’Honneur. La ministre déléguée auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, prend la parole devant la plaque commémorative des trois députés héraultais parmi les 80 parlementaires sur 649 qui ont refusé les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940.
« Ces 80 visages du courage et de la démocratie, poursuit-elle, sont les premiers résistants. Parfois opposés sur les idées. Mais accordés sur l’essentiel : la République est l’horizon indépassable de la France. »
Aux côtés des représentants d’associations d’anciens combattants, Patricia Miralles est entourée du sénateur de l’Hérault Jean-Pierre Grand, du maire de Castelnau Frédéric Lafforgue, de Jacqueline Markovic, conseillère départementale de l’Hérault, ainsi que de la sous-préfète Amélie de Sousa. Tous ont écouté attentivement les quatre élus en herbe du Conseil municipal des jeunes égrainant, un à un, les 80 noms des parlementaires en rupture avec le régime de Vichy.
« Un acte moral »
« Le 10 juillet est une commémoration essentielle, souligne la ministre. Les députés héraultais Jules Moch, Paul Boulet et Vincent Badie, avec les 77 autres, ont posé un acte politique – qu’ils ont payé d’un lourd tribut – mais avant tout un acte moral. » Et Patricia Miralles d’insister : « La démocratie ne s’effondre pas seulement dans le fracas des armes mais aussi dans le silence des votes. Le 10 juillet 1940 résonne avec notre avenir. »
Après la sonnerie aux morts et la Marseillaise, la ministre des Anciens combattants prendra le temps d’échanger avec chacun des quatre porte-drapeaux, écoutant les dernières nouvelles, prenant les coordonnées d’un dossier à suivre. Une autre façon d’incarner le devoir de mémoire.
Qui étaient les 80 parlementaires du 10 juillet 1940 ?
Le 10 juillet 1940, à Vichy, l’Assemblée nationale – réunissant députés et sénateurs – est appelée à voter les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain, ouvrant la voie au régime de Vichy. Sur 649 votants, seuls 80 parlementaires s’y opposent. Parmi eux, des figures comme Léon Blum, Paul Ramadier ou Pierre Mendès France. Leur « non » lucide et courageux est resté dans l’histoire comme un acte de fidélité à la démocratie, face à l’instauration d’un régime autoritaire et collaborateur.
Parmi les 80 opposants, trois Héraultais à la mémoire desquels le petit monument de Castelnau-le-Lez fut érigé :
- Vincent Badie, docteur en droit qui fut maire de Paulhan et député pendant 20 ans ;
- Paul Boulet, médecin, qui fut aussi maire de Montpellier de 1935 à 1937 puis de 1945 à 1953 ;
- Jules Moch, député de l’Hérault durant 25 ans.
Quatre élus du Conseil municipal des jeunes ont égrainé les 80 noms des parlementaires en rupture avec le régime de Vichy.
La ministre à Pérols ce vendredi
Après Castelnau-le-Lez le 10 juillet, Pérols le 11 : la ministre présidera ce vendredi, aux côtés du maire Jean-Pierre Rico, la cérémonie d’inauguration de la stèle du bachaga Benhamida, harki de haut rang et allié de l’armée française pendant la guerre d’Algérie.



