Ils ne cachent pas leur admiration pour Javier Milei, le président argentin libertaire, et rêvent d'un équivalent français pour 2027. Guillaume Kasbarian, David Lisnard et Pierre-Éric Morancais, trois personnalités politiques libérales, multiplient les initiatives pour structurer un courant capable de peser dans la prochaine élection présidentielle. Selon un récent sondage Ifop commandé par un cercle libéral, 34% des Français se disent favorables à une politique de réduction drastique des dépenses publiques et de libéralisation de l'économie.
Une ambition commune mais des trajectoires distinctes
Guillaume Kasbarian, député Renaissance d'Eure-et-Loir et président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, incarne l'aile droite de la majorité présidentielle. Il prône une réforme du marché du travail et une baisse des impôts. David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France, se présente comme un libéral assumé, dénonçant l'hypercentralisation et la bureaucratie. Pierre-Éric Morancais, ancien député et actuellement conseiller régional d'Île-de-France, est connu pour ses positions ultralibérales, notamment sur la suppression de l'impôt sur le revenu et la privatisation de services publics.
Un modèle argentin controversé
Javier Milei, élu en 2023, a immédiatement mis en œuvre un plan de choc : dévaluation de 50% du peso, suppression de nombreux ministères et réduction de la masse salariale publique. Ses mesures ont suscité une vive polémique en Argentine mais aussi un certain intérêt dans les cercles libéraux français. « Nous voyons en Milei la preuve qu'une politique de rupture est possible », affirme David Lisnard dans un entretien à un hebdomadaire. « La France a besoin d'un choc libéral pour retrouver la croissance et l'emploi », renchérit Guillaume Kasbarian.
Des divergences stratégiques
Malgré une proximité idéologique, les trois hommes peinent à s'accorder sur une stratégie commune. Kasbarian mise sur une candidature unique issue de la majorité présidentielle, tandis que Lisnard n'exclut pas une candidature hors parti, s'appuyant sur son réseau d'élus locaux. Morancais, lui, prône une fédération des libéraux au-delà des clivages traditionnels. « Nous devons rassembler tous ceux qui croient en la liberté économique et en la responsabilité individuelle », explique-t-il. Cette division pourrait limiter leur capacité à incarner un véritable « mileiisme » français.
Une influence réelle mais limitée
Si les libéraux représentent une minorité au sein de l'opinion française, leur influence dans les cercles de pouvoir est réelle. Plusieurs think tanks et clubs de réflexion, comme Génération Libre ou l'Institut Turgot, relaient leurs idées. Cependant, le chemin vers l'Élysée semble encore long. « Pour émerger, le libéralisme français doit dépasser son image de pensée technocratique et trouver un leader charismatique », analyse un politologue. En attendant, Kasbarian, Lisnard et Morancais continuent de labourer le terrain, convaincus que l'heure du libéralisme viendra en France.



