Gauche 2027 : l'urgence d'une candidature unique face au RN
Gauche 2027 : urgence d'une candidature unique face au RN

Dans une carte blanche publiée le 4 mai 2026, l'économiste Guillaume Duval, coprésident du club Maison commune et ex-rédacteur en chef d'Alternatives économiques, dresse un constat alarmant sur la menace de l'extrême droite en France à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Selon lui, une victoire du Rassemblement national (RN) conduirait le pays vers la dictature et la guerre civile, tout en empêchant la France et l'Europe de lutter contre le changement climatique et de faire face à des dirigeants comme Donald Trump ou Vladimir Poutine.

Une menace réelle mais pas inéluctable

Duval rappelle que des défaites récentes de l'extrême droite ailleurs, comme celle de Viktor Orbán en Hongrie ou les difficultés de Giorgia Meloni en Italie, montrent que la victoire du RN n'est pas inévitable. Cependant, pour y parvenir, la gauche sociale et écologique doit impérativement surmonter ses divisions. Il critique le "bloc central" (Retailleau, Philippe, Attal) qui, selon lui, ne propose qu'une continuité néolibérale catastrophique et singe les politiques du RN sur la sécurité et l'immigration, ce qui ne fait que légitimer l'extrême droite.

L'impasse Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, dispose d'un socle électoral solide (environ 10 % des voix) grâce à la jeunesse et aux quartiers populaires. Cependant, Duval estime que sa stratégie anti-unitaire et ses dérapages répétés limitent sa capacité à rassembler au-delà de son camp. De plus, l'aversion qu'il suscite à droite et au centre rendrait une victoire du RN quasi certaine s'il accédait au second tour. Ainsi, sa candidature ne peut servir de "contre-feu" efficace face au RN.

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La nécessité d'une candidature de la gauche sociale et écologique

Seule une candidature issue du reste de la gauche pourrait offrir une rupture nette avec le macronisme et permettre un front républicain au second tour. Mais cela suppose l'unité autour d'un projet commun. Le "processus de Bagneux", initié par Lucie Castets en juin 2025, visait à définir un projet et organiser une primaire, mais n'a pas réussi à embarquer des acteurs majeurs comme Place publique (Raphaël Glucksmann), une partie du PS et le PCF.

L'initiative "Construire 2027"

Face à ce blocage, l'initiative "Construire 2027", portée par Yannick Jadot et Boris Vallaud, propose d'inverser les priorités : d'abord définir un projet commun et une alliance législative, puis désigner un candidat sans passer par une primaire. Cependant, cette démarche suscite l'hostilité de la direction des Ecologistes et des tensions au PS. Duval appelle les deux initiatives à se rencontrer et à proposer une démarche commune pour toute la gauche sociale, écologique et démocratique.

Il conclut en soulignant l'urgence : les divergences d'appareils et les haines recuites doivent être surmontées face à la catastrophe que représenterait une victoire du RN. Les accords de fond existent sur des sujets essentiels comme la fermeté vis-à-vis de Trump, Poutine et Netanyahou, la transition écologique, la justice fiscale, les services publics, l'intégration européenne et la lutte contre les discriminations.

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