Muhammad Yunus quitte le pouvoir après les élections législatives au Bangladesh
Le chef du gouvernement provisoire bangladais, Muhammad Yunus, a annoncé sa démission lundi 16 février 2026, quatre jours après les élections législatives qui ont vu la victoire du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP). Dans un discours télévisé, le Prix Nobel de la paix, âgé de 85 ans, a déclaré : « Ce soir, je me tiens devant vous pour vous dire au revoir, alors que je démissionne de mes fonctions. Nous avons nettoyé les ruines, reconstruit des institutions et ouvert la voie aux réformes. »
Un scrutin historique remporté par le BNP
Vendredi, la commission électorale a proclamé le BNP largement gagnant, avec 212 des 300 sièges du Parlement, contre seulement 77 pour la coalition dirigée par les islamistes du Jamaat-e-Islami. Ce scrutin est le premier organisé depuis l'insurrection de la génération Z en 2024, qui a mis fin aux quinze ans de règne de Sheikh Hasina. Le chef du Jamaat-e-Islami, Shafiqur Rahman, a reconnu la victoire de ses rivaux malgré des irrégularités dénoncées, affirmant respecter l'État de droit.
Une transition politique sous surveillance internationale
Les observateurs de l'Union européenne, dirigés par Ivars Ijabs, ont estimé que ces élections étaient « crédibles » et « gérées de façon compétente ». Tarique Rahman, chef du BNP et héritier d'une longue dynastie politique, doit prêter serment avec son nouveau gouvernement mardi. Muhammad Yunus, surnommé « le banquier des pauvres », avait pris les rênes du Bangladesh en août 2024 après le départ de Sheikh Hasina, suite à des émeutes violentes ayant fait au moins 1 400 morts selon l'ONU.
Un héritage marqué par des réformes et des défis
Pendant un an et demi, Yunus a dirigé un pays qu'il a décrit comme « cassé », avec des tensions politiques et sociales persistantes. Il a salué la réussite du scrutin sans violence majeure, affirmant : « Le peuple, les électeurs, les partis politiques et les institutions concernées par les élections ont créé un précédent exemplaire. Cette élection servira de référence pour les élections futures. » Il a également réussi à faire adopter par référendum la « Charte de juillet », un ensemble de réformes institutionnelles visant à renforcer la démocratie.
Malgré les critiques depuis son retour à Dacca, Yunus a maintenu sa décision de quitter ses fonctions après les élections, laissant derrière lui un pays en transition vers un nouveau chapitre politique.



