L'ancien émir du Qatar, le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, est mort à l'âge de 74 ans, a annoncé dimanche 12 juillet 2026 l'Amiri Diwan, la plus haute instance gouvernementale du pays, sans préciser la cause de ce décès. Au pouvoir de 1995 à 2013 après un coup d'État, ce bâtisseur du Qatar moderne a propulsé le pays sur la scène diplomatique et sportive mondiale, en entreprenant notamment le rachat du Paris-Saint-Germain (PSG) en 2011.
Un règne transformateur
Hamad bin Khalifa Al Thani a régné sur le Qatar de 1995 à 2013, période pendant laquelle il redéfinit l'économie du pays, notamment en développant les exportations de gaz naturel liquéfié, son rayonnement international – avec la création de la chaîne d'information arabe en continu Al Jazeera – et ses ambitions politiques. Avec plus de 2,5 millions d'habitants – dont seulement 340 000 sont des citoyens qataris – le Qatar, allié des États-Unis, est devenu le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié et un acteur de premier plan dans la diplomatie au Moyen-Orient.
En 2013, après 18 ans de règne, il a abdiqué en faveur de son fils le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani. Il disait à l'époque qu'il souhaitait voir une nouvelle génération, "avec ses idées novatrices et son dynamisme", prendre la relève.
Le rachat du PSG et la Coupe du monde
Parmi les autres faits d'armes d'Hamad bin Khalifa Al Thani figure le rachat du Paris-Saint-Germain par le Qatar en 2011, acquisition qui a transformé le destin du principal club de football de la capitale, qui a depuis enchaîné les titres de champion de France et qui a remporté les deux dernières Ligues des champions. Toujours dans le sport, le Qatar, régi par une monarchie autoritaire et quasi-absolue, avait joui de la visibilité qu'apporte l'organisation d'une Coupe du monde de football en 2022.
Un parcours politique marqué par les coups d'État
Le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani avait pris le pouvoir à son père lors d'un coup d'État sans effusion de sang, en 1995. Un an plus tard, il a survécu à une tentative de contre-coup d'État fomenté, selon les experts, par son père, lequel était lui-même arrivé au pouvoir de la même manière en 1972 en évinçant son cousin. Lorsque l'émir est arrivé au pouvoir, il était, à 44 ans, le plus jeune dirigeant de la région. Considéré comme moins distant que les autres dirigeants arabes du Golfe, il était souvent aperçu dans son café préféré du souk de Doha, en train de discuter avec les clients.
Un rôle de médiateur régional
Sa politique étrangère a permis au Qatar de se forger un rôle de médiateur, en facilitant les pourparlers dans des conflits allant du Liban au Yémen en passant par le Darfour, tout en entretenant des liens avec les États-Unis — en accueillant le Commandement central américain — ainsi qu'avec l'Iran et les groupes qui lui sont proches. Cet exercice d'équilibre a jeté les bases du rôle actuel du Qatar dans les négociations entre les États-Unis et l'Iran, ainsi que dans ses efforts menés depuis des années pour mettre fin à la guerre à Gaza.
Controverses et oppositions régionales
Sous la direction du cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, le Qatar a joué un rôle de premier plan, mais contesté par ses voisins, lors des soulèvements du Printemps arabe de 2011, utilisant ses ressources et son influence pour soutenir les mouvements révolutionnaires et les groupes islamistes à travers la région. Alors que Doha présentait sa politique comme un soutien aux revendications populaires en faveur d'un changement politique, ses détracteurs accusaient le Qatar – ainsi que le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani – de soutenir de manière sélective les factions alignées sur ses intérêts, en particulier les groupes liés aux Frères musulmans. Cela avait mis le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani en porte-à-faux avec ses homologues monarques du Golfe, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, qui considéraient bon nombre de ces mouvements comme une menace pour la stabilité régionale et le régime monarchique.



