Bayrou propose une grande primaire contre les extrêmes
Bayrou propose une primaire contre les extrêmes

François Bayrou, président du MoDem, a proposé ce mardi 10 août lors d'une interview accordée à La République des Pyrénées l'organisation d'une « grande primaire » en vue de l'élection présidentielle de 2027. Cette primaire réunirait « tous ceux qui rejettent les extrêmes », allant du Parti socialiste (PS) jusqu'aux gaullistes. Selon lui, cette démarche est nécessaire pour éviter une nouvelle confrontation entre les candidats issus des partis traditionnels, qui affaiblirait le camp républicain face à la montée des extrêmes.

Une initiative pour rassembler le centre et la droite républicaine

Dans cette interview, François Bayrou a insisté sur l'urgence de dépasser les clivages traditionnels. « Nous sommes à un moment où il faut que tous ceux qui refusent l'extrême droite et l'extrême gauche se rassemblent », a-t-il déclaré. Il a précisé que cette primaire devrait être ouverte à toutes les personnalités politiques qui partagent cette vision, sans exclusive. Cette proposition intervient alors que les sondages pour 2027 montrent une fragmentation du paysage politique, avec une possible triangulaire au second tour.

Un appel à l'union au-delà des étiquettes

Le président du MoDem a également évoqué la nécessité de « sortir des logiques d'appareils » et de privilégier une démarche citoyenne. Selon lui, la primaire pourrait être organisée sous l'égide de la société civile, avec des règles claires et transparentes. Il a cité en exemple la primaire de la droite et du centre de 2016, qui avait permis de désigner un candidat unique. Toutefois, il a noté que cette expérience avait montré ses limites, d'où la nécessité d'une nouvelle approche.

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Des réactions contrastées au sein des partis

Cette proposition a suscité des réactions diverses. Au PS, certains responsables, comme le premier secrétaire Olivier Faure, ont accueilli favorablement l'idée, y voyant une opportunité de construire une alternative crédible. D'autres, à l'instar de certains cadres de La République en marche, se montrent plus réservés, craignant une dilution de leur identité politique. À droite, Les Républicains sont divisés : certains, comme le président du Sénat Gérard Larcher, se disent prêts à discuter, tandis que d'autres, tels que Laurent Wauquiez, rejettent toute idée de primaire élargie.

Un contexte politique tendu

Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par une forte abstention et une défiance envers les partis traditionnels. Selon un récent sondage Ifop, 72% des Français estiment que les partis ne sont pas capables de résoudre les problèmes du pays. François Bayrou, qui se positionne depuis longtemps comme un homme de dialogue, espère que cette primaire permettra de redonner confiance aux électeurs. Il a d'ailleurs annoncé qu'il consultera l'ensemble des forces politiques concernées dans les prochaines semaines.

Vers une candidature de François Bayrou ?

Interrogé sur son éventuelle candidature, François Bayrou n'a pas exclu de se présenter à cette primaire. « Si cette démarche aboutit, je serai prêt à m'engager », a-t-il affirmé. Cependant, il a précisé que sa priorité était de créer une dynamique collective plutôt que de promouvoir son propre destin. Cette position est conforme à son rôle de faiseur de rois, lui qui avait joué un rôle clé dans l'élection d'Emmanuel Macron en 2017.

Une proposition qui interroge la gauche

Du côté de la gauche radicale, la proposition est rejetée avec fermeté. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a qualifié cette initiative de « tentative de récupération » et de « manœuvre électorale ». Il a rappelé que son mouvement ne participerait à aucune primaire avec des partis qu'il juge « complices des politiques libérales ». Cette opposition illustre la difficulté de rassembler au-delà des clivages idéologiques.

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Un calendrier serré

Les partis politiques devront se positionner rapidement, car l'élection présidentielle est prévue dans moins de deux ans. François Bayrou propose que la primaire se tienne au premier semestre 2026, afin de laisser le temps au vainqueur de construire son projet. Il suggère également que cette primaire soit ouverte à tous les citoyens, moyennant une adhésion symbolique, et que les résultats soient pris en compte pour désigner un candidat unique.

Cette initiative de François Bayrou pourrait redessiner le paysage politique français, à condition que les partis acceptent de dépasser leurs querelles. Elle intervient à un moment où les électeurs aspirent à une offre politique renouvelée, capable de répondre aux défis du pays. Reste à savoir si les acteurs politiques sauront saisir cette opportunité.