RN : l'interdiction du voile dans l'espace public remplacée par un référendum
RN : interdiction du voile remplacée par un référendum

Le Rassemblement national (RN) semble renoncer à l'une de ses mesures phares : l'interdiction du port du voile dans l'espace public, qui figurait dans le projet présidentiel de Marine Le Pen en 2022. Désormais, le parti envisage de soumettre la question à un référendum, mais uniquement pour les bâtiments publics.

Un revirement confirmé par Sébastien Chenu

« L'objectif, c'est qu'on ne voit plus le voile symbole de l'islamisme dans notre pays », a déclaré Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale, sur TF1 ce lundi. Cependant, il a précisé que le RN prévoit désormais d'organiser un « référendum sur son interdiction dans l'ensemble des bâtiments publics ». Cette annonce marque un net recul par rapport à l'interdiction totale dans l'espace public promue par Marine Le Pen lors de la présidentielle de 2022.

L'évolution de la position du RN sur le voile

Le RN a longtemps fait de l'interdiction du voile une mesure centrale. En 2012, Marine Le Pen proposait d'interdire le port de signes religieux ostentatoires dans les services publics. Quelques mois plus tard, elle élargissait cette interdiction à tout l'espace public, incluant également la kippa. En 2017, le parti souhaitait étendre la laïcité à l'ensemble de l'espace public et l'inscrire dans le Code du travail.

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Pour la présidentielle de 2022, le RN s'est concentré sur le « voile islamiste » dans la rue et les lieux publics, via une proposition de loi contre les idéologies islamistes. Mais les contours de cette interdiction restaient flous, et Marine Le Pen avait été mise en difficulté lors d'un marché dans le Vaucluse par une femme âgée portant un voile blanc, inquiète de cette mesure.

Les discussions internes pour 2027

Le sujet a été relancé par Jordan Bardella, président du RN, qui avait déjà écarté cette mesure lors des législatives de 2024. Selon Le Monde, Bardella et d'autres cadres auraient proposé de supprimer cette interdiction du projet présidentiel, doutant de sa faisabilité et de ses bénéfices politiques. Marine Le Pen aurait toutefois rejeté cette option, craignant un énième reniement après les volte-face sur la sortie de l'UE et la retraite à 60 ans.

Finalement, la candidate a choisi de ne pas trancher et de s'en remettre aux Français par référendum. Sébastien Chenu a confirmé cette piste lundi, mais n'a pas clarifié le type de voile concerné. « Il suffit de googliser ce qu'est un voile islamique », a-t-il tenté d'expliquer, ajoutant : « On le fait par étapes, on commence dans les bâtiments publics, les facs, la fonction publique… Mais il faut faire tomber le voile, à terme, dans notre société. »

Des questions en suspens

Le RN a-t-il donc abandonné, pour l'instant, l'interdiction dans tout l'espace public ? Le flou juridique et les risques constitutionnels d'une telle mesure persistent. Contacté par 20 Minutes, l'entourage de Marine Le Pen n'a pas répondu aux sollicitations.

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