L'ancien président de la République, François Hollande, n'a pas renoncé à revenir sur le devant de la scène politique. Selon des informations rapportées par Le Point, il envisage sérieusement de se présenter à la primaire du Parti socialiste (PS) en vue de l'élection présidentielle de 2027. Pour ce faire, il pourrait s'appuyer sur le mouvement Place publique, fondé par l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, afin de contourner l'appareil du PS.
Une stratégie d'encerclement en préparation
L'entourage de François Hollande étudie plusieurs scénarios. L'option privilégiée consisterait à utiliser la plateforme de Raphaël Glucksmann comme tremplin, tout en gardant un pied dans le PS. Cette manœuvre viserait à élargir sa base électorale au-delà des seuls adhérents socialistes, en séduisant également les électeurs de gauche modérée et les déçus du macronisme.
Selon une source proche du dossier, l'ancien chef de l'État ne ferme aucune porte. Il observe attentivement les évolutions politiques récentes, notamment la montée en puissance de Raphaël Glucksmann dans les sondages, crédité de 7 à 8 % des intentions de vote, et la dynamique de son mouvement. Une alliance avec Place publique pourrait lui permettre de bénéficier de cette dynamique sans avoir à affronter directement la direction actuelle du PS.
Des précédents qui laissent penser à une candidature
François Hollande a déjà montré par le passé sa capacité à rebondir. En 2011, il avait remporté la primaire socialiste face à Martine Aubry, alors qu'il n'était pas donné favori. Il a également conservé un réseau dense d'élus locaux et de soutiens fidèles, notamment parmi les maires et les présidents de région. Ces réseaux pourraient être mobilisés rapidement en cas de candidature.
Le calendrier joue en sa faveur. La primaire du PS, si elle a lieu, devrait se tenir à la fin de l'année 2026, soit à moins de dix-huit mois de l'échéance présidentielle. Ce délai laisse le temps à l'ancien président de préparer sa campagne, de réunir les parrainages nécessaires et de tester son message auprès des Français.
Des obstacles internes à surmonter
Cependant, cette stratégie n'est pas sans risque. Au sein du PS, plusieurs cadres, comme Olivier Faure, premier secrétaire, ou Anne Hidalgo, maire de Paris, pourraient voir d'un mauvais œil un retour de François Hollande. Ils pourraient tenter de faire capoter le processus de primaire ou de soutenir un autre candidat. De plus, l'ancien président devra composer avec l'aile gauche du parti, qui lui reproche son bilan jugé trop libéral.
Malgré ces obstacles, l'hypothèse d'une candidature de François Hollande est prise au sérieux par les observateurs. Une récente enquête d'opinion indique que 18 % des électeurs de gauche se disent prêts à voter pour lui en cas de primaire, un score qui le placerait en deuxième position derrière Raphaël Glucksmann, crédité de 22 %. Ces chiffres confirment que l'ancien président conserve une base électorale non négligeable.
Une décision attendue dans les prochains mois
François Hollande devrait se prononcer officiellement d'ici la fin de l'année. Il a prévu de rencontrer plusieurs de ses proches conseillers dans les semaines à venir pour affiner sa stratégie. Selon une source proche de l'ancien président, il attendra de voir les résultats des élections européennes de juin 2024 et la configuration politique qui en découlera avant de prendre une décision définitive.
Cette candidature potentielle pourrait rebattre les cartes de la gauche française. Elle obligerait notamment La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon à revoir sa propre stratégie, tout en offrant une alternative crédible aux électeurs socialistes déçus par la direction actuelle du parti. En attendant, les spéculations vont bon train dans les couloirs du PS, où chacun prépare déjà ses alliances pour la prochaine échéance électorale.



