François Ruffin, député de la Somme et candidat à la présidentielle, a vivement critiqué la primaire socialiste et démocratique organisée entre le PS et Place publique, lors des journées d’été du PS à Blois. Il a comparé ce scrutin à un « videur de boîte de nuit » qui dirait à un électeur : « Non, tu n’as pas la bonne gueule », dénonçant un « suffrage censitaire » et une démarche « presque antipopulaire ».
Une primaire jugée « censitaire » et « antipopulaire »
Le chef du parti Debout !, qui plaidait pour une primaire large de la gauche et des écologistes, avec les anciens Insoumis, comme Olivier Faure ou Marine Tondelier, a regretté que la primaire actuelle soit « un suffrage censitaire » et « qu’à la place de chercher à l’élargir au maximum, on ait une démarche qui soit presque antipopulaire ». « Donc il y a un regret, plus qu’un regret de ce côté-là. Je vous dis, je regrette que ce suffrage, [ce soit] comme à l’entrée d’une boîte de nuit où il y a un videur qui vient vous dire : ''Non, tu n’as pas la bonne gueule'' », a-t-il martelé devant la presse.
Le député, venu participer à un débat sur le travail, est arrivé au côté d’Olivier Faure et de la maire de Nantes Johanna Rolland. « On cherche à mettre un obstacle au vote des gens, plus qu’à les attirer », a-t-il développé, estimant que « ce n’est pas ce que doit faire la gauche aujourd’hui. Je pense qu’Olivier [Faure] et Johanna [Rolland] en sont tout à fait conscients », a-t-il ajouté.
Refus de participer et critique des « gauches irréconciliables »
Interrogé pour savoir s’il pourrait néanmoins participer à la primaire et proposer par exemple une cagnotte pour les électeurs les plus démunis, il a rétorqué : « Vous avez beaucoup d’imagination, je n’en n’ai pas autant que ça ».
« Je ne veux pas les gauches irréconciliables ou plus exactement les gauches qui ne veulent pas se réconcilier et qui se partagent le petit gâteau comme des parts de marché », a-t-il insisté.
Olivier Faure admet des divergences internes
Olivier Faure a rappelé avoir défendu l’idée d’une primaire « qui rassemble l’ensemble de la gauche démocratique, sociale, écologique » mais n’avoir « malheureusement pas été suivi » par les militants et ses opposants internes. Quant à la primaire actuelle, réduite à Place publique, au PS et au parti Gauche républicaine et socialiste, « j’avais plaidé pour un tarif de 2 €, il est maintenant à 10 € ou 15 €, et donc on va faire avec ce que l’on a », a-t-il regretté.



