Le Parti socialiste organise sa primaire pour l'élection présidentielle de 2027. Le scrutin se déroulera sur deux tours, vraisemblablement les week-ends des 10 et 18 octobre. Trois candidats sont déjà déclarés : Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Philippe Brun. Mais les favoris, comme Raphaël Glucksmann, n'ont pas encore officialisé leur participation. Le parti espère mobiliser les électeurs, mais le prix de 15 euros pour voter suscite déjà la polémique.
Les candidats déclarés et pressentis
Ségolène Royal, finaliste de la présidentielle 2007, a annoncé fin juin qu'elle participerait à la primaire. Elle rejoint Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne, et Philippe Brun, élu de l'Eure. Raphaël Glucksmann, chef de file de Place publique, devrait annoncer sa candidature à la fin de l'été. Olivier Faure, premier secrétaire contesté, et Boris Vallaud, patron des députés PS, pourraient également se lancer.
Pour limiter le nombre de candidatures, le parti exigera des parrainages d'élus, de membres du Conseil national ou de maires. En revanche, Bernard Cazeneuve et Karim Bouamrane ont annoncé qu'ils seraient candidats à l'Élysée sans passer par la primaire. François Hollande, lui, attendra la fin de l'année pour se décider.
Qui pourra voter et à quel prix ?
Les 40 000 adhérents du PS et les 10 000 de Place publique pourront voter gratuitement. Les sympathisants non encartés devront payer environ 15 euros. Selon Patrick Kanner, patron du groupe PS au Sénat, cette somme "permettra de financer l'organisation du scrutin, mais surtout d'éviter les ingérences des militants d'autres partis. Il fallait une somme plus que symbolique."
Ségolène Royal a critiqué ce montant sur X : "C'est trop cher", rappelant que lors de la primaire de 2016, le vote coûtait seulement deux euros. Le député Romain Eskenazi, soutien de Philippe Brun, comprend l'argument de la contribution pour éviter de fausser le résultat, car "les Insoumis ont une armée en ligne capable de se mobiliser". Mais il suggère plutôt une adhésion à 5 ou 10 euros pour "susciter une dynamique et reparler aux classes populaires".
Le conseil national tranchera le 25 août
Le débat sur le prix sera tranché lors du conseil national PS le 25 août, qui fixera toutes les modalités du scrutin. Les universités d'été du parti se tiendront à Blois du 27 au 29 août. Cette décision est cruciale pour la suite de la campagne.
Des débats télévisés très convoités
Selon L'Opinion, les chaînes TF1-LCI, France Télévisions et BFMTV seraient en concurrence pour diffuser les débats entre les candidats. Romain Eskenazi voit là "un boulevard dans cet espace, entre Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe". Il pense que les gens s'intéresseront à cette campagne interne. Patrick Kanner abonde : "Il faut que ce soit une vraie campagne, car elle sera courte. Mais il y a un espace, d'autant qu'il n'y aura pas beaucoup de concurrence dans le débat politique à ce moment-là. La lumière va être sur nous."
Les socialistes espèrent un scrutin très médiatique pour que le vainqueur en sorte renforcé dans les sondages. La primaire pourrait ainsi redonner de la visibilité au parti, qui cherche à peser dans la course à l'Élysée.



