Jean-Luc Mélenchon a exprimé lundi sa colère après l'attentat raciste survenu dans les Yvelines, appelant à « ne pas pardonner ou regarder ailleurs » lors d'un rassemblement contre le racisme et l'islamophobie à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Le candidat de La France insoumise à la présidentielle s'est exprimé alors que Raphaël Glucksmann et d'autres élus socialistes participaient à un rassemblement à Paris.
« Rage » et « honte » après le drame
La mine grave et le ton solennel, Jean-Luc Mélenchon a fait part de sa « rage » à l'annonce de l'attentat vendredi, et de « sa honte de voir notre pays abaissé par ce crime comme il l'a été ». « Nous ne devons pas pardonner ou regarder ailleurs. Chacun doit être confronté à ses responsabilités », a-t-il martelé.
L'attaque a fait un mort et cinq blessés. Un homme de 39 ans a ouvert le feu à Trappes et à La Verrière, tuant un Français de 26 ans d'origine congolaise et blessant cinq personnes, dont une enfant de 11 ans.
Une enquête pour assassinat terroriste
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ». Le suspect a démenti avoir agi par racisme, selon le procureur national antiterroriste, Olivier Christen.
Devant les quelques centaines de personnes présentes, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé le racisme, « une fabrication injectée de l'extérieur » par « la répétition » et « l'abrutissement ». Dans la « Nouvelle France », concept phare de son programme, le racisme « sera systématiquement pourchassé et puni par la déchéance des fonctions d'autorité par ceux qui, d'une manière ou d'une autre, auront signifié qu'ils en sont infectés », a promis le leader de la gauche radicale.
Le maire de La Courneuve pointe l'extrême droite
Également présent, le maire de la commune, l'insoumis Aly Diouara, a dénoncé « le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie, la négrophobie, l'arabophobie et tant d'autres formes de haine et de racisme », qui « frappent des femmes, des hommes, des enfants pour ce qu'ils sont ». « Celles et ceux qui disposent des plus grandes tribunes de notre pays ont une responsabilité immense dans ce qui nous touche et nous rassemble ce soir. Parmi eux, et il faut le nommer, il y a l'extrême droite ». Le rassemblement s'est conclu par une minute de silence.
Des rassemblements à Paris et à Trappes
Plusieurs rassemblements se sont tenus lundi à l'initiative de nombreuses associations et syndicats en soutien aux victimes de l'attentat. À Paris, les socialistes Olivier Faure, Boris Vallaud et Jérôme Guedj étaient présents place Stalingrad, tout comme Raphaël Glucksmann, sans pour autant s'exprimer à la tribune où les prises de parole se sont succédé. L'eurodéputé Place publique a indiqué un peu plus tôt sur RTL qu'il serait également présent à Trappes vendredi lors d'un nouveau rassemblement.