Le polémiste d'extrême droite Milo Yiannopoulos, connu pour son soutien au nationalisme blanc, a été expulsé vers le Royaume-Uni, son pays d'origine, le vendredi 28 août, a annoncé le gouvernement américain samedi. Il avait été appréhendé la veille à l'aéroport international Louis-Armstrong de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, puis remis aux autorités britanniques par la police de l'immigration (ICE). Le ministère de la Sécurité intérieure a précisé que son expulsion faisait suite à un séjour illégal sur le territoire américain.
Un séjour illégal et un ordre d'expulsion
Milo Yiannopoulos était entré légalement aux États-Unis le 14 mai 2019, mais avait dépassé la durée de séjour autorisée. Selon le ministère de la Sécurité intérieure, il avait reçu le 22 juillet un ordre final d'expulsion après avoir omis de se présenter à une audience sur son statut. Son arrestation jeudi à l'aéroport de La Nouvelle-Orléans a conduit à son expulsion le lendemain, vendredi 28 août.
Cette affaire intervient alors que le polémiste, installé depuis des années dans le pays, avait appelé en septembre sur X à une « immunité totale » pour les agents de l'ICE dans l'exercice de leurs fonctions. Cette police est chargée de mettre en œuvre la politique anti-immigration de Donald Trump et a été critiquée pour ses méthodes jugées brutales. En janvier, deux Américains ont été tués par balle par des agents fédéraux à Minneapolis, suscitant une vive émotion dans le pays.
Des réactions contrastées à l'extrême droite
L'arrestation de Milo Yiannopoulos a été saluée par des figures rivales de l'extrême droite, notamment l'influenceuse Laura Loomer. Celle-ci s'est targuée sur X d'être « la première personne à avoir signalé le fait que Milo était illégalement aux États-Unis, où il a incité à la violence contre le président Trump ». Cette réaction illustre les divisions au sein de la mouvance nationaliste américaine.
Milo Yiannopoulos, dénoncé par ses critiques comme raciste et misogyne, se présente comme un défenseur de la liberté d'expression et affiche son opposition au « politiquement correct ». Il s'est fait connaître dans les années 2010 sur Twitter avant de devenir contributeur pour Breitbart News, le média dirigé par Steve Bannon, ancien conseiller nationaliste de Donald Trump.
Un parcours marqué par des controverses
En février 2017, d'anciennes déclarations où il semblait présenter sous un jour favorable des relations sexuelles entre hommes adultes et adolescents ont refait surface, le conduisant à démissionner de Breitbart, tout en contestant avoir défendu la pédophilie. Ouvertement homosexuel pendant l'essentiel de sa célébrité, il s'était marié à un homme en 2017, avant d'annoncer en 2021 être devenu « ex-gay », affirmant vouloir vivre conformément à l'enseignement catholique sur l'homosexualité et se mettant à promouvoir les thérapies de conversion.
Après son éviction du premier cercle de la droite trumpiste, il a réapparu auprès de personnalités situées à ses marges : stagiaire de Marjorie Taylor Greene en 2022, puis proche de Ye (Kanye West), dont il a dirigé la brève opération présidentielle de 2024 et dont il est récemment devenu porte-parole. Il revendiquait également avoir contribué à organiser le dîner de 2022 à Mar-a-Lago entre Trump, Ye et le nationaliste blanc Nick Fuentes. Son expulsion marque un tournant dans son parcours américain, lui qui avait fait de l'opposition à l'immigration un de ses chevaux de bataille.



