Les Jeunes Horizons dévoilent leur plaidoyer libéral et souverainiste avant la présidentielle
Jeunes Horizons : plaidoyer libéral et souverainiste avant 2027

Les Jeunes Horizons prennent les devants avec un plaidoyer ambitieux

À plus d'un an de l'élection présidentielle de 2027, et dans l'attente du programme définitif de leur leader Édouard Philippe – actuellement mobilisé par sa campagne municipale au Havre – les Jeunes Horizons ont décidé de prendre les devants. Ce mercredi 25 février, le mouvement a rendu public son « plaidoyer d'une jeunesse libérale, écolo, féministe et attachée à la souveraineté et à la puissance de son pays ». Ce document dense et ambitieux marque une étape importante dans la construction idéologique de cette jeune garde politique.

Un document qui mêle héritage et innovations

Sans surprise, le plaidoyer comporte des mesures déjà portées par Édouard Philippe, comme le rétablissement de la double peine pour les délinquants étrangers, l'instauration de quotas d'immigration selon les secteurs d'activité, ou encore une part fiscale prévue dès le premier enfant. Mais il regorge également de propositions inédites pour ce parti, notamment sur des sujets comme l'écologie ou la laïcité, qui témoignent d'une volonté d'élargir le spectre idéologique.

Marine Cazard, présidente des Jeunes Horizons, explique la genèse de ce document : « Lorsqu'Édouard Philippe m'a proposé de prendre la tête du pôle jeune de son parti, il y a quatre ans, il m'a confié deux missions. La première, c'était de renouveler les générations. La seconde, c'était de participer à son projet présidentiel en travaillant les idées. C'est pour cette raison que nous avons élaboré ce plaidoyer, fruit de quatre ans de réflexion ».

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Des propositions nouvelles sur plusieurs fronts

Le plaidoyer aborde délibérément des thématiques où les Jeunes Horizons estiment pouvoir apporter du neuf : « Nous avons cherché des sujets, des trous dans la raquette, sur lesquels on pouvait encore le convaincre », précise Marine Cazard. Parmi les mesures nouvelles figurent :

  • Une approche renforcée de la justice concernant les auteurs de violences sexuelles, avec la volonté de poursuivre systématiquement ceux qui ne dénoncent pas et de cesser de réduire les peines des récidivistes.
  • Une politique familiale spécifique qui donne la priorité aux actifs dans l'accès aux modes de garde et à l'accompagnement des parents dès le premier enfant.
  • Une défense du travail rémunéré tout en insistant sur le fait que la charge ne doit plus peser sur les jeunes, avec une réflexion sur le CDI jeune.

Le souverainisme comme marque de distinction

Un des aspects les plus frappants de ce plaidoyer est la revendication de la notion de « souverainisme », terme qui n'a pas été mis en avant par Édouard Philippe. Marine Cazard justifie ce positionnement : « C'est un terme qui a malheureusement disparu du débat public – à part à l'extrême droite – depuis 2017. Nous sommes une génération qui n'a pas connu la guerre. De fait, nous ne ressentons pas un attachement viscéral à l'Europe comme nos aînés ».

Les Jeunes Horizons voient l'Union européenne comme un moyen d'être plus forts ensemble, mais affirment : « Lorsque nous revendiquons notre souverainisme, nous voulons affirmer notre refus que Bruxelles décide à notre place sur certains sujets stratégiques, notamment industriels ou technologiques ». Cette position les distingue nettement des jeunes de Renaissance et de la branche plutôt européiste d'Horizons.

Des propositions qui « titillent » la ligne du parti

Certaines propositions du plaidoyer viennent clairement interroger la ligne initiale du parti, comme celle de transformer la France en un « paradis fiscal pour les entreprises vertueuses » ou d'étendre la loi de 2004 sur l'interdiction du port de signes religieux à l'école « à l'ensemble des lieux publics ou financés par de l'argent public accueillant des enfants ».

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Marine Cazard nuance cependant : « On ne s'est pas construit dans une opposition à Édouard Philippe. Nous ne nous considérons pas comme impertinents, mais plutôt comme audacieux ». Elle souligne notamment que l'approche de l'écologie ou du féminisme diffère chez les Jeunes Horizons, où les femmes sont nombreuses contrairement à d'autres mouvements de droite.

Une relation constructive avec Édouard Philippe

Le leader d'Horizons a déjà pris connaissance du plaidoyer. « Son retour est globalement positif, même s'il a été surpris par certaines mesures et notamment par nos positions sur l'Europe et sur notre assomption du souverainisme », révèle Marine Cazard. Certaines propositions, comme l'extension du champ de la loi de 2004, l'ont particulièrement intéressé, même si ce n'est pas sa position actuelle.

La présidente des Jeunes Horizons anticipe : « Je sais que certaines de nos mesures se retrouveront dans le programme du candidat parce que nous entretenons une excellente relation de travail ». Cette collaboration constructive semble être la marque de fabrique de leur relation.

Un enjeu qui dépasse la présidentielle de 2027

Au-delà de l'élection présidentielle, les Jeunes Horizons visent un objectif concret pour les municipales : doubler le nombre de jeunes élus municipaux, passant de 258 à plus de 450 candidats. Mais l'ambition est plus large : « Le but de ce plaidoyer est par ailleurs de laisser une trace. La politique ne s'arrête pas à la présidentielle de 2027 ! », insiste Marine Cazard.

Elle conclut sur une note programmatique : « Nous sommes un parti jeune. Contrairement aux Républicains, à Renaissance ou au Parti socialiste, on n'a pas encore un corpus idéologique stabilisé. C'est à nous de définir ce que nous sommes. Certaines propositions ne seront peut-être pas dans le programme 2027 – comme le SMIC régionalisé par exemple – mais on souhaite les porter sur le temps long. Peut-être que dans dix ans, elles auront du sens ». Une vision qui dépasse le simple cycle électoral pour s'inscrire dans la durée.