Dans une tribune publiée par Le Point, Xavier Patier, écrivain et haut fonctionnaire, prend la défense d'une jeunesse qu'il estime trop souvent jugée et encadrée par des adultes qui lui demandent d'être « tiède ». Selon lui, cette exigence de modération et de conformisme étouffe l'énergie et la créativité des jeunes générations.
Un appel à l'engagement passionné
Patier critique vivement les injonctions faites aux jeunes de rester mesurés, de ne pas s'emporter, de ne pas s'engager trop fortement dans des causes. Il y voit une forme de peur des adultes face à la vitalité et à l'idéalisme de la jeunesse. « Ne demandons pas à la jeunesse d'être tiède », écrit-il, plaidant pour que les jeunes puissent exprimer leur passion et leur révolte sans être immédiatement ramenés à la raison.
L'auteur, qui a occupé des postes de direction dans l'administration, souligne que cette tiédeur imposée est un frein à l'innovation et au progrès social. Il rappelle que les grandes avancées historiques ont souvent été portées par des jeunes refusant le statu quo.
Une critique de la société adulte
Xavier Patier s'en prend également à une société adulte qui, selon lui, cherche à formater la jeunesse pour qu'elle ne dérange pas. Il dénonce une éducation qui privilégie la prudence et la conformité au détriment de l'audace et de la prise de risque. « La tiédeur est une maladie du vieillissement », affirme-t-il, appelant à laisser les jeunes vivre leurs convictions avec intensité.
Il cite en exemple les mouvements écologistes et sociaux portés par des jeunes, montrant que leur engagement est essentiel pour bousculer les habitudes et faire évoluer la société. Pour Patier, c'est précisément cette flamme qu'il faut protéger, non l'éteindre.
Un texte qui interpelle
La tribune de Xavier Patier a suscité de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux, où certains y voient un plaidoyer nécessaire pour la liberté d'expression et d'engagement des jeunes. D'autres, plus critiques, estiment que l'auteur idéalise une jeunesse qui n'est pas toujours aussi engagée qu'il le prétend.
Quoi qu'il en soit, ce texte pose une question fondamentale : comment concilier l'encadrement nécessaire des jeunes avec le respect de leur besoin d'expression et de révolte ? Xavier Patier apporte une réponse claire : en cessant de leur demander d'être tièdes.



