Dans sa chronique, Étienne Gernelle, directeur de la rédaction du Point, s'interroge sur le silence assourdissant des élites françaises. Il constate que, face aux crises successives, les voix qui devraient porter un discours clair et courageux se taisent, laissant le champ libre aux extrêmes et à la démagogie.
Un constat alarmant
Gernelle souligne que ce silence n'est pas nouveau mais s'est accentué ces dernières années. Il cite l'exemple de la réforme des retraites, où peu de responsables ont osé défendre publiquement la nécessité de travailler plus longtemps. Selon lui, cette absence de prise de parole affaiblit la confiance des citoyens dans les institutions et nourrit le populisme.
Le journaliste rappelle que, dans l'histoire, les périodes de silence des élites ont souvent précédé des effondrements démocratiques. Il appelle donc à un sursaut : il est temps que ceux qui ont des responsabilités sortent de leur réserve et assument leurs convictions.
Les racines du silence
Plusieurs explications à ce mutisme sont avancées. D'abord, la peur des réseaux sociaux et de la vindicte populaire. Ensuite, une forme de lassitude face à un débat public devenu trop violent. Enfin, un calcul politique : beaucoup préfèrent se taire pour ne pas déplaire à une partie de leur électorat.
Gernelle cite un haut fonctionnaire qui confie : "Nous avons peur de dire tout haut ce que nous pensons tout bas, de peur de briser nos carrières." Cette autocensure est, selon lui, un poison pour la démocratie.
Les conséquences sur la démocratie
Le silence des élites a des effets concrets. Il favorise la désinformation et la défiance envers les médias et les politiques. Les citoyens, privés de repères, se tournent vers des discours simplistes et radicaux. Gernelle note que la confiance dans les institutions est au plus bas, avec seulement 30% des Français faisant confiance aux partis politiques selon un récent sondage.
Il appelle donc à une renaissance de la parole publique, fondée sur l'honnêteté et le courage. "Il ne s'agit pas de parler pour ne rien dire, mais de dire ce qui est vrai, même si c'est impopulaire", écrit-il.
Un appel à la mobilisation
Étienne Gernelle conclut en exhortant les élites à briser le silence. Il estime que la France a besoin de voix fortes et claires pour sortir de la crise politique actuelle. "Le silence n'est plus une option", affirme-t-il. "Ceux qui se taisent aujourd'hui porteront la responsabilité de ce qui adviendra demain."
Cet éditorial, publié dans Le Point, a suscité de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux où certains saluent le courage de Gernelle, tandis que d'autres critiquent son analyse.



