À moins de deux ans de l'élection présidentielle de 2027, le camp écologiste français traverse une période de profonde désorientation. Selon une analyse publiée par Libération, les partis verts, notamment Europe Écologie Les Verts (EELV), peinent à définir une stratégie cohérente et à s'accorder sur un leadership susceptible de rassembler au-delà de leurs rangs.
Des divisions internes qui paralysent
L'éditorial de Libération souligne que les écologistes sont « plus perdus que jamais ». Les querelles de personnes et les divergences idéologiques entre les différentes sensibilités – des radicaux aux réformistes – empêchent l'émergence d'une candidature unique. Le congrès d'EELV de 2025, qui devait trancher, n'a fait qu'exacerber les fractures, laissant le parti sans chef clair et sans cap.
Cette situation contraste avec la dynamique observée lors des élections européennes de 2024, où la liste écologiste avait obtenu un score respectable. Mais depuis, les défaites aux législatives anticipées de 2024 et la perte de nombreux élus locaux ont affaibli la crédibilité du mouvement. « Le problème n'est pas seulement tactique, il est existentiel », estime un cadre du parti cité par Libération.
L'absence d'un leader charismatique
Un autre facteur clé est l'absence d'une figure nationale capable de porter le projet. Marine Tondelier, secrétaire nationale d'EELV, est reconnue pour son énergie, mais elle peine à s'imposer comme une candidate naturelle à la présidentielle. D'autres personnalités, comme Yannick Jadot ou Sandrine Rousseau, ne font pas l'unanimité et leurs positions respectives illustrent les tiraillements entre une ligne pragmatique et une ligne plus radicale.
« Nous sommes dans une phase de reconstruction, mais il faut du temps », confie un élu local sous couvert d'anonymat. Ce temps, les écologistes ne l'ont pas : la campagne présidentielle s'annonce déjà, avec des candidats de gauche comme Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) ou le socialiste Olivier Faure qui occupent le terrain.
Un électorat dispersé et une concurrence accrue
L'électorat écologiste, traditionnellement volatile, se disperse entre différentes offres : la gauche radicale, la social-démocratie, voire l'abstention. Selon Libération, la défense de l'environnement n'est plus l'apanage des Verts : le macronisme a intégré des éléments de transition écologique, tandis que la droite et l'extrême droite captent une partie des voix sur des thèmes comme la souveraineté alimentaire ou la protection du territoire.
Dans ce contexte, les écologistes risquent de se retrouver marginalisés, incapables de peser dans le premier tour de la présidentielle. « Si nous ne trouvons pas une voie commune, nous serons réduits à un rôle de témoin », alerte un porte-parole d'EELV dans l'article. L'éditorial conclut que, sans un sursaut collectif et un projet clair, le camp vert pourrait subir un échec cuisant en 2027, comparable à celui de 2022 où Yannick Jadot n'avait obtenu que 4,6 % des voix.



