Projet de prison à Nice : la gauche-écologiste divisée sur le relogement des chibanis
Prison à Nice : gauche-écologiste divisée sur le sort des chibanis

Un projet controversé

Le projet d'Éric Ciotti d'implanter une nouvelle maison d'arrêt sur l'emprise de l'actuel terrain occupé par la résidence sociale des chibanis, à Nice-Ouest en bordure de la « 202 », laisse un sentiment mitigé au sein des élus de la gauche-écologiste. Si l'opposition s'accorde sur l'état indigne de l'établissement et sur la nécessité de créer une nouvelle prison offrant des conditions de détention et de travail dignes, la méthode employée passe mal.

La cheffe de file de l'opposition, l'écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, s'inquiète du sort des résidents, âgés et souvent en dessous du seuil de pauvreté. « On ne peut pas simplement décréter que l'on va déloger des gens. C'est incroyable que l'on se soucie des plus précaires seulement pour les déplacer », a-t-elle lancé. Son colistier, Patrick Allemand, a renchéri : « Nous serons notamment particulièrement attentifs à la manière dont le relogement des chibanis s'opérera. » Le patron des communistes, Julien Picot, a interpellé directement le maire : « Nous saurons lui demander des comptes à chaque phase de ce projet. Nous rappelons au maire de Nice que la dignité humaine ne se divise pas. »

Des contraintes techniques en question

L'opposition s'interroge également sur les risques techniques d'une telle implantation. « Le site prévu pour la nouvelle prison est en zone inondable. Les questions sécuritaires et sociales que ce projet soulève sont trop complexes pour que Monsieur le maire sorte une idée du chapeau, sans consultation ou sans étude préalable », a posé Juliette Chesnel-Le Roux. Patrick Allemand a fait preuve de vigilance : « Nous n'avons pas suffisamment d'éléments pour nous prononcer sur la globalité du projet qui nécessite certainement des études complémentaires, mais nous n'y sommes pas opposés par principe. »

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Une prison à bout de souffle

Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, est attendu à Nice d'ici le mois de juillet pour évaluer la faisabilité du projet sur le terrain de l'ex-foyer Sonacotra. Le site s'étend sur 54 000 m², soit le double de la superficie de l'actuelle maison d'arrêt de Nice, située en plein cœur de la ville. Cet établissement, qui étouffe et sature avec un taux d'occupation de 210 %, accueille 670 détenus dans des murs vétustes et hors normes.

Un terrain « très intéressant » pour l'Ufap UNSa Justice

Pour l'Ufap UNSa Justice, représentée par son délégué Nordine, ce terrain proposé par la municipalité est « très intéressant ». Sa superficie permettrait d'offrir enfin des conditions de détention saines et sûres, avec notamment des douches en cellule, mais aussi de renforcer la sécurité. Le syndicat envisage même d'intégrer des logements sociaux pour les surveillants, ainsi qu'un parking sécurisé. Toutefois, le délégué syndical relève le défi social et humain : le relogement des centaines de retraités chibanis qui vivent à Nice depuis des dizaines d'années. « Les résidents méritent le respect », a-t-il insisté.

Les promesses d'Éric Ciotti

Éric Ciotti s'est voulu rassurant, mercredi après-midi, alors qu'il est allé à la rencontre de ces anciens ouvriers, au lendemain de l'annonce de sa rencontre avec le ministre de la Justice pour évoquer la nouvelle prison. « Leur déplacement était déjà prévu depuis des mois, notamment par les services de l'État. Les logements actuels sont vétustes, insalubres, isolés, il n'y a plus de commerces. Les chibanis sont dans des situations précaires et souvent indignes. Il est prévu que ce site soit demain relocalisé sur trois implantations », a-t-il expliqué. Trois sites ont été identifiés : un aux Moulins et deux à l'est de Nice. Ils feront l'objet d'études de faisabilité. Éric Ciotti a promis : « Les résidents méritent le respect, et naturellement, ils seront traités dans ce cadre avec beaucoup de respect. »

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