Le gouvernement a présenté ce jeudi sa nouvelle stratégie nationale pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Un plan jugé « peu ambitieux » par les syndicats et les associations de victimes, qui dénoncent un manque de moyens et d’objectifs chiffrés.
Des objectifs jugés insuffisants
La stratégie, intitulée « Santé et sécurité au travail 2026-2030 », fixe comme objectif une réduction de 10 % des accidents du travail mortels d’ici 2030. Un chiffre jugé « dérisoire » par la CGT, qui rappelle que près de 700 personnes meurent chaque année au travail en France. « C’est un plan sans ambition, sans moyens supplémentaires et sans contraintes pour les employeurs », a dénoncé le secrétaire général de la CGT.
Des mesures concrètes mais limitées
Parmi les mesures annoncées, le gouvernement prévoit un renforcement des contrôles de l’inspection du travail, avec 500 recrutements supplémentaires sur cinq ans. Il est également prévu de généraliser les formations à la sécurité dans les petites entreprises, et de créer un fonds d’indemnisation accéléré pour les victimes. Cependant, les syndicats estiment que ces mesures restent insuffisantes face à l’ampleur du problème.
- Renforcement des contrôles avec 500 recrutements supplémentaires
- Généralisation des formations à la sécurité dans les TPE
- Création d’un fonds d’indemnisation accéléré
Le ministère du Travail défend une approche « pragmatique et progressive », estimant que des objectifs trop ambitieux seraient irréalistes. « Nous préférons des mesures concrètes et atteignables plutôt que des promesses non tenues », a déclaré le ministre.
Une réaction mitigée des associations
L’association « Morts au travail » a qualifié le plan de « déception », rappelant que la France est l’un des pays européens avec le plus haut taux d’accidents mortels. « On attendait un vrai choc de prévention, on a un simple ajustement », a déclaré son président. De son côté, le Medef a salué « une approche équilibrée » mais s’inquiète des contraintes supplémentaires pour les entreprises.
Le plan sera débattu au Parlement dans les prochaines semaines. Les oppositions ont déjà annoncé qu’elles déposeraient des amendements pour renforcer les objectifs et les moyens alloués.



