L'Abandon : le malaise d'une certaine gauche face à la vérité
L'Abandon : quand la gauche s'inquiète du mauvais côté

Le film L'Abandon, réalisé par Vincent Garenq, retrace les onze derniers jours de Samuel Paty, ce professeur décapité en octobre 2020 pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression. Alors que l'œuvre est saluée pour sa rigueur et son courage, certains médias, comme le HuffPost, expriment des réserves. Non pas sur la véracité des faits, mais sur le risque de voir le film « récupéré » par l'extrême droite.

Une contorsion mentale révélatrice

Cette réaction illustre l'affaiblissement intellectuel d'une partie de la gauche française. Au lieu de pleurer la mort d'un enseignant ou de saluer le travail du cinéaste, on s'alarme de l'usage qu'en feraient Marine Le Pen ou Jordan Bardella. C'est oublier que le film dénonce l'engrenage mortifère : le mensonge d'une élève, l'embrasement des réseaux sociaux, et la faillite d'une partie de la communauté éducative.

Le vrai sujet : notre propre lâcheté

Le problème dépasse le film. Il s'agit de notre incapacité à défendre nos valeurs sans complexe. Les islamistes, eux, ne tergiversent pas. Ils construisent un récit où le professeur devient le coupable et le bourreau la victime. Et ce récit a gagné du terrain, au point que des journalistes se demandent s'il est opportun de se souvenir de cette décapitation.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une névrose collective face à la certitude

Cette paralysie s'observe ailleurs : dans le néoféminisme qui s'indigne des inégalités salariales mais ignore les fillettes afghanes privées d'école ; dans la défense des droits de l'enfant qui s'offusque d'un mot dans une cour de récréation mais reste muette face à l'endoctrinement des enfants palestiniens. Nous avons transformé la complexité en valeur suprême, nous laissant désarmés face à ceux qui ont fait de la simplicité une arme.

Samuel Paty n'était pas un héros malgré lui. C'était un professeur faisant son métier : planter dans l'esprit des enfants la graine du doute contre le dogme. C'est pour cela qu'il a été assassiné. Et c'est pour cela que son histoire doit être racontée, jusqu'à ce que plus personne ne puisse prétendre ne pas savoir. L'Abandon est le nôtre si nous continuons de choisir le silence et d'avoir honte de préférer la liberté à la mort.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale