Le Parlement hongrois a adopté lundi 15 juin un amendement constitutionnel visant à limiter à huit ans le mandat du Premier ministre. Cette révision, proposée par le parti au pouvoir Fidesz, a été approuvée par 136 voix pour et 32 contre, obtenant ainsi la majorité des deux tiers nécessaire pour modifier la Loi fondamentale.
Une mesure controversée
L'opposition dénonce une manœuvre politique destinée à pérenniser le pouvoir de Viktor Orbán, au pouvoir depuis 2010. Selon les critiques, cette limitation, bien qu'apparemment restrictive, pourrait en réalité verrouiller le système en faveur du Premier ministre sortant, qui pourrait briguer un nouveau mandat après une pause symbolique. Le texte stipule que nul ne peut exercer la fonction de chef du gouvernement pendant plus de deux mandats consécutifs, soit huit ans au total.
Réactions internationales
La Commission européenne a exprimé ses réserves, estimant que cette modification pourrait affaiblir l'État de droit en Hongrie. Bruxelles observe de près les évolutions constitutionnelles dans le pays, déjà sous le coup d'une procédure pour violation des valeurs européennes. De son côté, le gouvernement hongrois justifie cette réforme par la nécessité de garantir une rotation démocratique et d'éviter la concentration excessive du pouvoir.
Contexte politique
Viktor Orbán, dont le mandat actuel court jusqu'en 2026, a déjà été Premier ministre de 1998 à 2002, puis de nouveau depuis 2010. Avec cette nouvelle disposition, il pourrait théoriquement rester en poste jusqu'en 2034, après une éventuelle interruption. Les analystes estiment que cette réforme s'inscrit dans une stratégie plus large de consolidation du pouvoir, incluant le contrôle des médias et de la justice. La société civile hongroise, déjà fragilisée, craint un recul démocratique supplémentaire.
Prochaines étapes
L'amendement entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel. Il s'appliquera aux mandats débutant après l'adoption de la loi, ce qui signifie qu'il ne concerne pas directement le mandat actuel d'Orbán. Cependant, les opposants redoutent que cette réforme ne soit qu'une première étape vers un verrouillage autoritaire du système politique hongrois.



