La disparition de Lyhanna, 11 ans, depuis sept jours à Fleurance (Gers), a été évoquée en assemblée plénière du conseil régional d'Occitanie ce jeudi 4 juin. Dans son discours inaugural, Carole Delga a abordé l'affaire avec « mesure et retenue », exprimant sa « compassion pour la jeune fille, sa famille, et ceux qui la connaissent ». Elle a rappelé que le suspect avait été agent contractuel de la Région de 2018 à 2021, dans des lycées d'Occitanie, et avait fait l'objet d'une « procédure disciplinaire pour comportement inapproprié », aboutissant à un blâme puis à la fin de son contrat.
L'intervention d'Aurélien Pradié
Aurélien Pradié, président du groupe de la droite et du centre L'Occitanie courageuse, est intervenu pour demander « des éclaircissements », sans « mettre personne en accusation ». Il a critiqué le blâme, « la plus faible des sanctions administratives », et le fait que la présidente ne dévoile pas les faits reprochés ni les motifs de cette sanction. Il a également interrogé sur le délai entre le blâme et la fin du contrat. « Éclaircir ces points-là, ce n'est pas mettre quelqu'un en accusation, c'est faire avancer la vérité pour que ça ne se reproduise jamais », a-t-il argumenté, sous les huées des bancs de la majorité régionale, qui a qualifié son intervention d'« indigne ».
La réponse de Carole Delga
Carole Delga a répondu sèchement : « Je suis la responsable de la collectivité régionale devant la justice. Toute la vérité, les faits, les procès-verbaux seront donnés à la justice, il n'y aura aucune entrave. Je n'ai pas à divulguer certains éléments devant cette assemblée. Je ne le ferai pas tant que la justice ne m'autorisera pas à le faire. » Elle a précisé la chronologie : la procédure a été engagée le 21 janvier 2021 et le contrat a été rompu le 8 février 2021.
La prise de parole de Stephan Rossignol
Le sujet a été clos par Stephan Rossignol, au nom de Nous Occitanie, l'autre groupe d'opposition de droite et du centre. Il a exprimé « une pensée pour Lyhanna et sa famille », avant de cingler : « Mais nous, nous ne nous abaisserons pas à instrumentaliser cette affaire. Laissons les enquêteurs faire leur travail et ne nous livrons pas aujourd'hui à un procès politique. »
Cet échange tendu illustre les tensions politiques autour d'une affaire sensible, où la recherche de vérité se heurte aux contraintes judiciaires et aux accusations d'instrumentalisation.



