Le « coup de gueule » du maire de Carqueiranne, Arnaud Latil, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique local. Vendredi dernier, lors du conseil municipal, il a exprimé sa colère et son incompréhension face à la décision du préfet du Var de reprendre la main sur la délivrance des permis de construire dans sa commune. Ce dossier, qui mêle pénurie de logements sociaux et un projet immobilier d'envergure en centre-ville, est dans les tuyaux depuis des années.
Le préfet temporise et promet une décision
Du côté de la préfecture, on relativise. Ce lundi, il a été indiqué que « les tensions qui s'expriment sont l'illustration que les choses avancent », notamment grâce à trois réunions de travail organisées par le préfet avec le maire sur le sujet depuis un an. La préfecture rappelle que les premières discussions entre l'État et la commune remontent à 2018 et souligne l'importance de la demande de logements sociaux dans cette partie du département. Selon les chiffres officiels, 208 habitants de Carqueiranne ont exprimé une demande de logement social, sans avoir pu être satisfaits à ce jour. Le préfet a annoncé qu'il « s'exprimera en fin de semaine » pour décider d'accorder ou non le permis de construire sollicité par la Cogedim pour un ensemble de 150 à 200 logements en centre-ville.
Les élus locaux se rangent derrière le maire
Depuis les déclarations d'Arnaud Latil, le sujet alimente les discussions politiques et les réseaux sociaux. Du côté de TPM (Toulon Provence Méditerranée), aucune déclaration officielle n'a encore été faite, mais une prise de position commune serait en cours d'élaboration. Jean-Louis Masson, président du Département, a apporté son soutien au maire et a indiqué avoir eu « plusieurs échanges téléphoniques avec Simon Babre, préfet du Var ». Il maintient que « la concertation doit toujours l'emporter sur le passage en force » et appelle à poursuivre le dialogue pour construire des solutions équilibrées et respectueuses des territoires.
Le Rassemblement national emboîte le pas
La députée RN Laure Lavalette estime que « la loi SRU sert à ponctionner les communes » et ne tient pas compte des particularités locales. Elle dénonce une application dogmatique qui dégoûte les élus locaux. Stéphane Rambaud, député de la 3e circonscription, apporte son soutien au maire et salue son engagement pour un développement équilibré du territoire. Enfin, Florian Diliberto, conseiller municipal d'opposition RN, assure comprendre et partager la colère du maire, appelant à l'unité pour défendre Carqueiranne et ses habitants.



