Le président de la Métropole et maire de Nice, Eric Ciotti, a profité du conseil métropolitain du 8 juin 2026 pour régler ses comptes avec le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et le président de la Région, Renaud Muselier. Le contexte est celui de la polémique autour de la perte des épreuves de glace des Jeux Olympiques d'hiver 2030.
Une charge virulente contre le ministre des Transports
Alors qu'un texte relatif à la ligne de trains Nouvelle Provence Côte d'Azur était examiné, Eric Ciotti a sorti la sulfateuse : « Je le dis parce que je trouve ces méthodes scandaleuses et quasiment mafieuses : qu'on puisse utiliser l'argent public pour faire pression, dire que parce que nous n'aurions pas les Jeux Olympiques, nous n'aurions plus la gare ligne Nouvelle ni le TER, c'est honteux et scandaleux. C'est indigne de gens qui occupent un mandat public, parce qu'ils sont en charge de l'intérêt général et pas en charge de leur intérêt personnel. »
Le dossier étant du ressort de la Région, donc de Renaud Muselier, Ciotti a cité nommément Philippe Tabarot : « C'est scandaleux parce que ce ministre, qui est censé représenter, être élu de notre territoire pour quelques semaines encore, a joué en permanence contre notre territoire, il s'est opposé à ce que nous ayons des trains pour les supporters de l'OGC Nice à la finale de la Coupe de France, il s'est opposé à ce que nous ayons les Jeux Olympiques et nous menace aujourd'hui de ne plus avoir la gare LGV ligne nouvelle. Je le dis avec beaucoup de force et de colère. »
Le ministre n'a pour l'instant pas souhaité répondre.
La réponse chirurgicale du président de Région
Ce n'est pas la première fois que le maire de Nice balance ce type de scuds. Pour autant, ça ne plaît toujours pas à ceux qui les reçoivent. Le président de Région a publié un communiqué intitulé « nouvelle sortie de route pour Éric Ciotti ». Il y souligne que « la perte des Jeux Olympiques à Nice est directement liée aux décisions prises par le maire, lourdes de conséquence. Elle nous prive d'un levier essentiel, le levier olympique, pour faire accélérer des travaux d'infrastructures et obtenir dans un contexte budgétaire contraint des arbitrages favorables. »
Il ajoute : « C'est le cas de la gare de Nice Aéroport, inscrite dans le projet de Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur, dont l'État et les 11 collectivités concernées ont obtenu l'accélération du calendrier de construction pour qu'il coïncide avec l'accueil des Jeux à Nice. Même si elle ne remet pas en cause le projet, la perte des Jeux va nécessairement entraîner un relâchement de la pression mise pour livrer l'infrastructure en décembre 2029. Pire, le retrait du pôle glace de Nice nous fait perdre un argument décisif pour obtenir de l'État les engagements utiles au financement de la phase 2 du projet. Une phase 2 dimensionnée à 500 millions d'euros pour des travaux sur voies et en gare qui doivent nous permettre à terme de passer d'un TER toutes les 15 minutes à un TER toutes les 10 minutes. »



