Réfugié syrien bloqué en France par des démarches administratives
Réfugié syrien bloqué par des démarches administratives

Depuis plus d'un an, Amir, réfugié syrien installé à Alès (Gard), tente de rentrer dans son pays d'origine avec sa famille. Son départ est bloqué par une succession de démarches administratives complexes, le laissant sans titre de séjour, sans revenus et dans l'incapacité de finaliser son projet. Arrivé en France en 2018 dans le cadre d'un programme de réinstallation des réfugiés syriens, il souhaite aujourd'hui reprendre le chemin inverse, alors que la situation s'améliore dans certaines régions de Syrie.

Un parcours marqué par la guerre et l'exil

Originaire de la région d'Alep, Amir a fui son pays à la suite des répressions commises par le régime de Bachar el-Assad. Placé par le service des Nations Unies dans le Gard avec sa femme et ses enfants, il reconnaît avoir trouvé en France un cadre sécurisant. Pourtant, malgré les années, il ne s'est jamais réellement senti chez lui. Il a tenté de briser la barrière de la langue en s'inscrivant à des cours, mais la maladie de l'un de ses fils l'a obligé à rester près de lui. À cela s'ajoutent les difficultés à trouver sa place et du travail. Résidant dans le quartier des prés Saint-Jean, il dit vivre dans une certaine forme d'insécurité. "Mon fils a récemment été la cible de tirs d'armes à feu", confie-t-il.

Pour le père syrien, c'en est trop. "La Syrie me manque, le régime a changé", explique-t-il. Depuis l'amélioration de la situation dans certaines régions syriennes, son choix est arrêté : il veut rentrer définitivement. "Je remercie la France de nous avoir accueilli, traduit son collègue, qui l'accompagne lors de l'entretien. Mais aujourd'hui, je veux rentrer en Syrie."

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Une année d'attente pour un rendez-vous en préfecture

Pour bénéficier de l'Aide au retour volontaire (ARV) de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), Amir devait d'abord restituer son titre de séjour à la préfecture du Gard, à Nîmes. Il lui a fallu plus d'un an pour obtenir un rendez-vous. Pendant cette attente, il n'a pas renouvelé son titre, puisqu'il était destiné à le rendre. Le document a expiré avant même qu'il ne puisse accomplir la démarche. Depuis, il se retrouve sans titre de séjour valide, donc sans RSA, sans droit au travail, sans couverture maladie et sans revenus.

"Il se trouve dans l'illégalité", commente une employée de Solidarnet, qui accompagne la famille pour ses démarches auprès de France Services. "Pendant plus d'un an, il demandait simplement un rendez-vous. Nous avons multiplié les courriers. On a écrit partout : à la préfecture, au procureur… Même au président Emmanuel Macron." Sans réponse.

Un dernier obstacle : l'acte de naissance apostillé

Il y a quelques semaines, la préfecture a finalement récupéré les titres de séjour de la famille et délivré l'attestation nécessaire à la poursuite de la procédure. Mais un dernier obstacle se dresse encore. L'un des enfants d'Amir étant né en France, un acte de naissance intégral revêtu d'une apostille (ce qui permet à un document français d'être présenté et validé par l'autorité d'un autre pays) est indispensable pour finaliser le dossier. Là encore, les difficultés s'accumulent. Pour certaines démarches, un titre de séjour est demandé… alors même qu'il vient d'être remis aux autorités.

"C'est le serpent qui se mord la queue, résume Solidarnet. Les papiers se périment, mais il faut ces mêmes papiers pour obtenir les documents qui permettront de partir." En attendant, Amir vit sans revenus et sans savoir quand il pourra enfin retrouver son pays. Un paradoxe difficile à comprendre pour cet homme qui, après avoir tout fait pour trouver refuge hors de la Syrie, ne demande désormais qu'à y revenir. (*) : Prénom modifié pour anonymiser l'interlocuteur.

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