Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a confirmé, ce jeudi, la reprise des expulsions d'Algériens en situation irrégulière. « Depuis que je suis allé en Algérie à la mi-février, c’est reparti », a-t-il déclaré sur CNews-Europe 1. « Mi-février, nous n’avions aucun laissez-passer délivré depuis le début de l’année et on avait fait quelques reconduites. On a eu 120 laissez-passer délivrés depuis. » Le chiffre de 140 reconduites depuis le début de l’année a été atteint mercredi.
Présence dans les centres de rétention
Interrogé sur le nombre de ressortissants algériens présents dans les centres de rétention administrative en France, le ministre de l’Intérieur a confirmé le chiffre d'« un peu plus de 700 sur 2.000 places ». « Évidemment, il faut qu’on fasse mieux, évidemment il faut qu’on fasse plus, mais les choses se sont réamorcées », a-t-il ajouté. « Je m’en félicite… on va poursuivre dans ce dialogue existant avec l’Algérie. »
Vols groupés en discussion
« L’autre élément sur lequel il faut qu’on aboutisse maintenant assez vite », c’est la question des « vols groupés », l’expulsion de plusieurs ressortissants dans un même avion. Fin mars, la Cimade, association de défense des droits des migrants, avait annoncé la reprise de ces expulsions après un an d’interruption liée à la crise diplomatique entre Paris et Alger, mais le ministère de l’Intérieur n’avait jusqu’à présent pas communiqué sur le sujet.
Contexte de tensions diplomatiques
La relation entre Paris et Alger s’était fortement dégradée à partir de l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, territoire au statut non défini selon l’ONU, où un conflit oppose depuis cinquante ans le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenu par l’Algérie. Depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur, Laurent Nuñez a prôné l’apaisement avec Alger, se démarquant de son prédécesseur Bruno Retailleau qui avait cristallisé les crispations, tentant régulièrement d’aller au bras de fer.



