Le 15 novembre 2014, à deux pas de la tour Eiffel, quelques centaines de personnes en costumes ajustés et cheveux ras se pressent vers une salle en sous-sol dans le XVe arrondissement de Paris. La crème de l'extrême droite française s'est donné rendez-vous pour les "Assises de la remigration", organisées par le Bloc identitaire, un groupuscule obsédé par la défense de la civilisation blanche occidentale contre un supposé "grand remplacement" de la population européenne.
Une tribune pour un concept radical
Une tribune accueille neuf intervenants. Sous le pupitre, inscrit en lettres noires : "Du grand remplacement au grand retour". L'objectif de cette réunion est de faire connaître et populariser le nouveau concept de l'extrême droite groupusculaire : la "remigration". Ce mot ne figure pas dans le dictionnaire. Concrètement, il s'agit d'organiser le retour massif d'étrangers et de descendants d'étrangers extra-européens considérés comme "non assimilés" vers leurs pays d'origine, y compris les citoyens possédant la double nationalité.
Un concept qui a gagné du terrain
Depuis cette réunion, le terme de remigration a été repris par plusieurs figures de l'extrême droite, notamment Éric Zemmour et Marine Le Pen, bien que ce dernier ait été longtemps considéré comme trop radical. Le concept a été au cœur de la campagne présidentielle de 2022 et continue d'influencer le débat public sur l'immigration en France.



