Des demandeurs désemparés face à un système défaillant
La préfecture de l'Hérault est saturée et le tribunal administratif de Montpellier débordé. De nombreux étrangers, pourtant en situation régulière depuis des années, se retrouvent sans titre de séjour après avoir entamé les démarches de renouvellement. C'est le cas d'Yves, 61 ans, originaire du Cameroun et résidant en France depuis cinquante ans. Sa carte de séjour a expiré alors qu'il avait déposé sa demande de renouvellement dans les délais. Résultat : il a été radié de France Travail et se retrouve sans ressources.
Des situations iniques et des ruptures de droits
Me Julie Moulin, avocate, dénonce des situations dramatiques : des personnes perdent leurs droits, ne peuvent plus travailler ni voyager. Certaines obtiennent des récépissés provisoires, mais ensuite l'administration ne répond plus. Thierry Lerch, bénévole à la Cimade, souligne que même les professionnels s'y perdent face à la multiplicité des sites internet. La domiciliation auprès du CCAS de Montpellier est également remise en cause par la préfecture, ce que les associations jugent discriminatoire.
L'explosion du contentieux et la phase transitoire
La plateforme numérique Anef, censée simplifier les démarches, est source de nombreux dysfonctionnements : un document illisible et le dossier est clos. Le contentieux des étrangers au tribunal administratif a bondi de 41,3 % depuis début 2025. La préfecture évoque une phase transitoire et assure que les usagers peuvent télécharger une attestation de prolongation d'instruction. Mais pour les demandeurs, le manque d'interlocuteur humain et les réponses automatiques sont source de détresse.



