Ceuta : l'Espagne accélère le renvoi des migrants
Ceuta : l'Espagne accélère le renvoi des migrants

Le gouvernement espagnol a annoncé, mardi 25 août, son intention d'accélérer le renvoi des migrants encore présents dans l'enclave de Ceuta, après l'entrée massive de quelque 8 000 personnes en mai dernier. Cette décision intervient alors que plusieurs centaines de migrants se trouvent toujours dans la ville autonome, dans l'attente d'une procédure de retour.

Un afflux record en mai

Le 17 mai, environ 8 000 migrants, pour la plupart originaires du Maroc, ont pénétré sur le territoire de Ceuta, profitant d'une brèche dans la frontière. Les autorités espagnoles avaient alors déployé des renforts militaires et policiers pour rétablir l'ordre. Selon le ministère de l'Intérieur, la plupart de ces personnes ont été rapidement renvoyées vers le Maroc, mais plusieurs centaines sont restées sur place.

Le gouvernement espagnol, dirigé par Pedro Sánchez, souhaite désormais "accélérer" les procédures de renvoi, comme l'a indiqué la ministre de la Défense, Margarita Robles, lors d'une interview à la radio publique RNE. Elle a précisé que les migrants encore présents à Ceuta feraient l'objet d'un "retour immédiat" vers le Maroc, conformément aux accords bilatéraux en vigueur.

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Un dispositif juridique contesté

Cette accélération repose sur l'accord de réadmission signé entre l'Espagne et le Maroc en 1992. Toutefois, des organisations de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International, dénoncent des renvois "expéditifs" qui ne respectent pas les procédures légales de protection internationale. Selon elles, certains migrants devraient avoir la possibilité de déposer une demande d'asile.

Le gouvernement espagnol, de son côté, justifie sa position par la nécessité de "garantir la sécurité" dans l'enclave, qui a connu des tensions après l'afflux de mai. La ministre Robles a également souligné que la coopération avec le Maroc était essentielle pour gérer les flux migratoires, et que Rabat avait accepté de reprendre ses ressortissants.

Une situation humanitaire préoccupante

Sur place, la situation reste tendue. Plusieurs centaines de migrants, dont des mineurs non accompagnés, sont hébergés dans des centres d'accueil provisoires, dans des conditions souvent dénoncées comme précaires. Les autorités locales appellent à une solution rapide, tandis que des associations dénoncent un "vide juridique" pour les personnes qui ne peuvent pas être renvoyées immédiatement.

Le gouvernement espagnol assure que les renvois se feront dans le respect du droit, mais les critiques restent vives. Selon un rapport du Défenseur du peuple espagnol, publié en juillet, au moins 1 200 migrants étaient encore à Ceuta fin juin, dont 300 mineurs. Ce chiffre contraste avec les déclarations officielles, qui évoquaient un retour à la normale.

En attendant, la pression migratoire ne faiblit pas sur les côtes espagnoles. Selon les données du ministère de l'Intérieur, les arrivées irrégulières par voie maritime ont augmenté de 20 % au premier semestre par rapport à l'année précédente. Le gouvernement espagnol a promis de renforcer les contrôles aux frontières, mais la question du renvoi des migrants reste un sujet sensible, tant sur le plan juridique que diplomatique.

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