Attal et Philippe : surenchère droitière sur l'immigration
Attal-Philippe : surenchère droitière sur l'immigration

Dans la course à la présidentielle de 2027, Gabriel Attal et Édouard Philippe rivalisent de propositions fermes sur l'immigration. Cette surenchère droitière, analysée par Libération, vise à capter l'électorat conservateur, mais elle brouille les frontières politiques traditionnelles.

Une compétition marquée par des propositions chocs

L'ancien Premier ministre Gabriel Attal a récemment proposé de supprimer l'aide médicale d'État (AME) pour les étrangers en situation irrégulière, une mesure défendue par la droite dure. De son côté, Édouard Philippe, maire du Havre et ancien chef du gouvernement, a suggéré de conditionner le regroupement familial à des ressources suffisantes et à une durée minimale de séjour. Ces deux initiatives, rapportées par Libération, illustrent une volonté commune de durcir le discours sur l'immigration pour exister dans le débat public.

Des stratégies politiques divergentes mais un objectif partagé

Si les deux hommes partagent cet objectif, leurs stratégies diffèrent. Gabriel Attal, en tant que président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, cherche à incarner une droite républicaine assumée, tandis qu'Édouard Philippe, avec son mouvement Horizons, tente de se positionner comme un centre droit pragmatique. Selon Libération, cette surenchère s'explique par la crainte de voir l'électorat de droite se tourner vers le Rassemblement national, comme l'ont montré les dernières élections européennes où le RN est arrivé en tête avec 31,4 % des voix.

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Un impact sur la majorité et l'opposition

Cependant, cette stratégie comporte des risques. D'une part, elle peut diviser la majorité présidentielle, où certains élus, comme les députés MoDem, s'inquiètent d'un glissement trop marqué à droite. D'autre part, elle offre à la gauche un angle d'attaque sur les valeurs républicaines. L'entourage de Gabriel Attal assume cette ligne : « Nous devons répondre aux attentes des Français sur l'immigration, sans tabou », a-t-il déclaré. Édouard Philippe, lui, insiste sur une approche « raisonnable et efficace », selon ses propres termes.

Quelles conséquences pour 2027 ?

À ce stade, cette surenchère droitière redessine les alliances potentielles. Gabriel Attal pourrait séduire une partie des Républicains, tandis qu'Édouard Philippe espère incarner une alternative crédible face à Marine Le Pen. Les prochains mois seront décisifs : les débats parlementaires sur le projet de loi immigration, prévus à l'automne, constitueront un premier test. Selon un sondage Ifop réalisé en juin, 68 % des Français estiment que le gouvernement n'est pas assez ferme sur ce sujet, un chiffre qui encourage les deux prétendants à poursuivre leurs propositions.

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