Social-écologie : l'urgence de rassembler pour 2027
Social-écologie : l'urgence de rassembler pour 2027

Alors que la présidentielle de 2027 approche, Guillaume Duval, ex-rédacteur en chef d'« Alternatives économiques », estime que seule une alliance entre le « pôle socialiste » et Les Écologistes peut empêcher la victoire de Marine Le Pen. Dans une carte blanche publiée par EcoloObs, il acte l'échec du « bloc central » et de Jean-Luc Mélenchon, et plaide pour un rassemblement de la « social-écologie ».

Un constat d'échec pour le macronisme et l'insoumission

Après un « été cataclysmique » qui aurait acté l'échec complet de la présidence d'Emmanuel Macron, la gauche peine à se mettre en ordre de bataille. Guillaume Duval souligne que Jean-Luc Mélenchon, bien que candidat depuis mai dernier avec une base militante nombreuse et motivée, ne peut pas rassembler toute la gauche. Son « habitus bonapartiste » est jugé contraire à la demande de démocratie, son programme étatiste est « dépourvu de crédibilité économique », et son hostilité à l'égard de l'intégration européenne et sa bienveillance envers les régimes autoritaires sont pointées du doigt.

Selon lui, une présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour face à Marine Le Pen « ne pourrait que se solder par un désastre de grande ampleur ». Le « bloc central » est, quant à lui, déchiré entre Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau, qui singent le Rassemblement national sur la sécurité et l'immigration, tout en promettant de poursuivre la politique économique et sociale menée pendant dix ans par Emmanuel Macron, décrite comme ayant « mis le pays à genoux et les finances publiques au bord du précipice ».

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La social-écologie comme seule issue

Pour Guillaume Duval, l'espoir de vaincre Marine Le Pen repose sur la capacité de la gauche démocratique, sociale et écologique à dégager une candidature commune. Cette candidature devrait marquer une rupture nette avec le macronisme, affirmer un engagement européen sans ambiguïté, notamment contre la Russie de Vladimir Poutine, remettre en cause la dérive présidentialiste de la Vᵉ République, et proposer une politique budgétaire crédible.

Or, à huit mois de l'échéance, la « tectonique des plaques » peine à se mettre en place. Les socialistes et Place Publique ont clarifié les règles du jeu pour trouver une candidature commune, mais le champ politique couvert reste trop restreint. La primaire du « pôle socialiste » ne fait aucune place aux Écologistes, alors que l'été cataclysmique a replacé les sujets environnementaux au cœur du débat public.

Des initiatives pour élargir le rassemblement

Plusieurs initiatives récentes tentent de dessiner un rassemblement plus large. Cécile Duflot, ancienne ministre écologiste et présidente d'Oxfam, a annoncé l'initiative « Points Communs » pour construire un programme participatif. Jérémie Iordanoff, député écologiste de l'Isère, propose de créer une fédération rassemblant le Parti Socialiste, Place Publique et Les Écologistes. Yannick Jadot, sénateur de Paris, a lancé un appel à rassembler la social-écologie.

Mais pour l'instant, le « pôle socialiste » reste silencieux sur ces enjeux. Guillaume Duval y voit le « rêve mortifère du retour à l'hégémonie socialiste », une étiquette encore dévaluée par l'échec du quinquennat de François Hollande. Il prévient qu'une telle attitude est « suicidaire », risquant de renvoyer Les Écologistes et les autres forces de gauche non-LFI dans les bras de Jean-Luc Mélenchon, et de se traduire par la victoire de l'extrême droite ou la poursuite du désastre macroniste.

Les prochains jours, notamment les journées des socialistes à Blois, seront décisifs pour voir si les dirigeants du « pôle socialiste » formulent une offre politique consistante pour rassembler toute la gauche sociale et écologique dans le combat pour 2027, décisif pour l'avenir de la France et de l'Europe.

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