Le conseil municipal de Cagnes-sur-Mer connaît un premier remaniement notable au sein de l'opposition. Romain Tafini, élu lors du dernier scrutin, a officialisé son départ du groupe « Une nouvelle énergie pour Cagnes-sur-Mer ». Cinquième sur la liste menée par l'ancien maire (LR) Louis Nègre, il siègera désormais comme conseiller municipal indépendant à partir de la prochaine séance du 1er octobre.
Une rupture de confiance et des griefs politiques
Pour justifier cette décision, Romain Tafini, également juge d'instruction à Rodez, invoque deux raisons principales. La première est une rupture du lien de confiance au sein de son groupe, alimentée par des rumeurs de démission parues dans la presse. « Des informations sont sorties dans la presse selon lesquelles j'étais sur le point de démissionner », explique-t-il. Il dénonce aussi « des pressions répétées afin que je renonce à mon mandat au profit de personnes figurant plus loin sur la liste », une allusion à Laurence Trastour-Isnart, considérée comme une protégée de Louis Nègre. « On m'a fait comprendre que je n'étais pas assez expérimenté aux yeux de certains pour exercer ce mandat et qu'il serait bon que je démissionne », ajoute-t-il.
La seconde raison tient à la ligne politique du groupe, jugée trop rigide. « C'est un positionnement d'opposition quasi-systématique à ce que fait la majorité qui me met mal à l'aise », indique l'élu désormais indépendant. Il cite l'épisode de la convocation au conseil municipal concernant les comités de quartier, où l'absence d'un plan en pièce jointe a donné lieu, selon lui, « à de l'obstruction plutôt qu'à une simple demande de document préalable ».
Le groupe d'opposition conteste toute pression
Du côté du groupe « Une nouvelle énergie pour Cagnes-sur-Mer », la surprise domine. Lionel Dolciani, porte-parole, réagit : « On prend acte bien évidemment de sa volonté de quitter le groupe. » Il conteste fermement toute tentative d'éviction interne : « Les pressions qui sont présentées par Romain Tafini ne viennent absolument pas de notre groupe et nous ne sommes absolument pas informés de celles-ci. » Interrogé sur l'influence des anciens cadres municipaux, comme Laurence Trastour-Isnart ou Noëlle Palazzetti, Lionel Dolciani rejette l'idée d'une tutelle exercée par Louis Nègre, qui a dirigé la commune pendant 30 ans : « Le maire sortant nous laisse entièrement libres de nos choix. Il n'y a aucunement une tutelle ou autre pression. »
Romain Tafini sera présent lors de la séance du 1er octobre pour poursuivre son mandat « dans un esprit constructif ». Il siégera aux côtés des autres élus indépendants, Cédric Garoyan et Philippe Touzeau-Menoni. Il affirme par ailleurs n'avoir « aucune ambition politique ni d'accord avec le maire Bryan Masson ». Ce départ réduit le groupe d'opposition, qui comptait 7 élus, à 6 membres. Lors du premier conseil municipal de la mandature, Alexia Garabedian, ex-colistière de Louis Nègre, avait déjà rejoint la majorité du nouveau maire RN.



