Dans une tribune publiée sur lepoint.fr, l'historien et haut fonctionnaire Arnaud Teyssier s'oppose fermement à toute suppression de l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Selon lui, une telle réforme reviendrait à « supprimer le lien direct entre le peuple et son chef », un principe fondateur de la Ve République.
Un pilier de la Ve République
Arnaud Teyssier rappelle que l'élection du président au suffrage universel direct, instaurée par le référendum de 1962 sous Charles de Gaulle, a profondément transformé la vie politique française. Ce mode de scrutin a donné au président une légitimité démocratique sans précédent, faisant de lui le véritable arbitre du jeu politique. Pour Teyssier, remettre en cause ce principe, c'est s'attaquer à l'essence même de la Constitution de 1958.
L'historien souligne que cette élection permet au chef de l'État d'incarner la nation dans son ensemble, au-delà des clivages partisans. Elle garantit une stabilité institutionnelle qui a fait ses preuves depuis plus de soixante ans. Supprimer ce scrutin, c'est risquer de fragiliser l'équilibre des pouvoirs et de revenir à une logique de régime d'assemblée, que la Ve République avait précisément voulu éviter.
Une légitimité irremplaçable
Arnaud Teyssier insiste sur le fait que le suffrage universel direct confère au président une légitimité que nul autre mode de désignation ne pourrait offrir. Il cite notamment les crises politiques récentes pour démontrer que ce lien direct avec les citoyens est plus que jamais nécessaire. Selon lui, les appels à une réforme viennent souvent d'une méconnaissance de l'histoire institutionnelle française.
L'auteur considère que les critiques adressées à l'élection présidentielle, comme la personnalisation du pouvoir ou la « présidentialisation » du régime, sont exagérées. Il rappelle que d'autres démocraties, comme les États-Unis, ont fait le choix du suffrage universel indirect sans que cela ne remette en cause leur stabilité. La France, elle, a opté pour un modèle unique qui conjugue efficacité et proximité avec le peuple.
Un débat nécessaire mais risqué
Teyssier reconnaît que le débat sur les institutions est légitime, mais il met en garde contre les conséquences d'une telle suppression. Il évoque les risques de dérive vers un régime où les partis politiques auraient un poids excessif, au détriment de l'intérêt général. Il appelle les citoyens et les élus à réfléchir sérieusement avant de s'engager dans une réforme aussi lourde de conséquences.
En conclusion, Arnaud Teyssier affirme que supprimer l'élection du président au suffrage universel direct serait une erreur historique. Il invite à préserver ce pilier de la Ve République, garant de la démocratie et de la stabilité du pays. Une position ferme qui nourrit le débat public sur l'avenir de nos institutions.



